Les médecins pourront vacciner à partir de mardi leurs patients contre la grippe A qui amorce une décrue dans le pays

Cette mesure longtemps attendue, marque un tournant de la part du gouvernement qui avait tout misé jusqu'à présent sur la vaccination dans des centres dédiés.La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a justifié cette volte-face par la nécessité de passer progressivement le relais aux généralistes d'ici au printemps.

(AFP)

Cette mesure longtemps attendue, marque un tournant de la part du gouvernement qui avait tout misé jusqu'à présent sur la vaccination dans des centres dédiés.

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a justifié cette volte-face par la nécessité de passer progressivement le relais aux généralistes d'ici au printemps.

Les syndicats de médecins, qui réclamaient cette mesure depuis des mois, sont satisfaits de pouvoir enfin vacciner leurs patients mais regrettent le temps perdu. Pour MG France, le retard qui a été pris dans la campagne de vaccination H1N1 "n'est probablement pas rattrapable", d'autant que "ces atermoiements ont ébranlé la confiance des patients dans le vaccin".

Mais les professionnels de santé font un lien avec le faible taux de vaccination de la population, seules 5 millions de personnes, soit 8% des Français, ayant été vaccinées en trois mois. Ce bilan, qualifié de fiasco par l'opposition, a conduit le gouvernement à revendre à l'étranger une partie de son stock de vaccins - 94 millions de doses - et à négocier la résiliation de commandes avec les laboratoires. La France en possède encore 44 millions de doses selon Roselyne Bachelot.

"Une aumone"
Autre sujet de frictions, la confédération des syndicats de médecins libéraux (CSMF), dénonce dans un communiqué la rémunération proposée, une "obole", selon elle, de 6,60 euros par vaccination effectuée. "Elle signe un mépris de plus envers les généralistes, lesquels vont mettre à disposition l'infrastructure de leur cabinet, leur secrétariat et leur compétence, et procéder, si nécessaire, à un examen médical du patient, pour une rémunération aussi indigente", écrit-elle.

Les syndicats demandent également que les patients se présentant sans leur bon de vaccination ne soient pas repoussés, puisque c'est actuellement le cas dans les centres de vaccination compte tenu de la faible affluence.

La grippe A n'a fait que 233 morts en France depuis le début de l'épidémie, selon les chiffres diffusés vendredi dernier par l'Institut de veille sanitaire (InVS).