Le PS divisé sur la question des 60 000 embauches dans l'Education

Le "monsieur budget" de François Hollande assure que ces emplois se mettront en place par redéploiements, et non par embauches. La gauche du parti s'insurge.

Benoît Hamon, un des leaders de l\'aile gauche du PS.
Benoît Hamon, un des leaders de l'aile gauche du PS. (FRED DUFOUR / AFP)

La proposition de François Hollande de créer 60 000 postes dans l'Education nationale faisait déjà débat lors de la primaire socialiste. En ces temps de rigueur budgétaire et de perte du triple A, son financement se remet subitement à générer des crispations au PS. FTVi revient les déclarations des uns et des autres.

Le "monsieur budget" de François Hollande : il faudra être "lucide"

Dimanche 15 janvier, sur France 5, le ton de Jérôme Cahuzac était grave. Pour le président socialiste de la commission des Finances de l'Assemblée, nommé par François Hollande à la thématique du Budget, la situation économique de la France obligera son protégé à se montrer "lucide" dans ses promesses.

"Naturellement, le programme présidentiel de François Hollande différera [...] du programme socialiste", a-t-il déclaré, expliquant ce décalage par l'écart entre le taux de croissance prévu par le PS au moment de la rédaction de son projet et celui attendu désormais.

Du coup, explique Jérôme Cahuzac, les 60 000 emplois promis par le candidat socialiste dans l'Education se feront uniquement "par redéploiement", sans nouvelles embauches. Il a estimé que le secondaire pourrait en faire les frais au bénéfice du nombre d'enseignants du primaire.

La gauche du PS "surprise" par une interprétation qui n'aurait "aucun sens"

Cette sortie a fait tiquer l'aile gauche du parti. Dans un communiqué, Benoît Hamon, Henri Emmanuelli, Marie-Noëlle Lienemann, leaders du courant "Un monde d'avance", se sont dit "surpris de cette interprétation".

"Si les 60 000 créations de postes annoncées par François Hollande ne devaient l'être que par redéploiement, cela reviendrait à réduire le service public de la santé ou de l'emploi pour consolider les moyens de l'éducation nationale." écrivent-ils. "Cela n'aurait aucun sens. Un poste de professeur en plus ne peut être payé par un poste d'infirmière en moins".

Le camp Hollande avait clarifié ce point en octobre

Selon Le Monde, pourtant, cette proposition avait été mise au clair par les proches du candidat socialiste en octobre dernier. Le quotidien avait interrogé le responsable du projet dans l'équipe de François Hollande, Michel Sapin, à ce sujet.

Selon lui, "l'idée est de ne pas augmenter le nombre de fonctionnaires. Je dirai même que l'idée est de stabiliser la masse salariale de l'Etat dans le budget de l'Etat." Comment ? En ne remplaçant pas les départs à la retraite de fonctionnaires dans certains services, tout en créant des postes dans l'Education, explique le journal. Un redéploiement, donc, et pas des créations de postes.