Le gouvernement envisage une expérimentation de la reconnaissance faciale dans des lieux publics

Cette phase de test pourrait durer "de six mois à un an, sous la supervision de la société civile et des chercheurs", a annoncé le secrétaire d'Etat au Numérique, Cédric O, dans un entretien au "Parisien".

Le secrétaire d\'Etat au Numérique, Cédric O, lors d\'une rencontre avec la presse à Washington (Etats-Unis), le 3 décembre 2019.
Le secrétaire d'Etat au Numérique, Cédric O, lors d'une rencontre avec la presse à Washington (Etats-Unis), le 3 décembre 2019. (ERIC BARADAT / AFP)

Cédric O souhaite un "débat apaisé" sur le sujet, mais son annonce a déjà suscité des remous à la veille de Noël. Dans un entretien au Parisien, mardi 24 décembre, le secrétaire d'Etat au Numérique a exprimé le souhait de lancer une expérimentation de la reconnaissance faciale en temps réel sur des images de vidéosurveillance. Cette phase devrait durer de six mois à un an, "sous la supervision de la société civile et de chercheurs", précise le membre du gouvernement.

Les contours de la phase de test sont encore flous

Le règlement général sur la protection des données (RGPD) interdit "l'utilisation de la reconnaissance faciale sans le consentement des personnes qui y sont soumises" et seuls les individus qui auront donné leur accord seront donc identifiés durant ce laps de temps, précisent Les Echos. Mais pour l'heure, il est encore difficile d'obtenir davantage de détails sur ce test. "En France, Thales (via Gemalto) et Idemia travaillent sur ces technologies mais le nom d'aucun industriel n'a filtré", souligne le quotidien économique. Aucune date n'a encore été fixée.

Cela doit nous permettre d'avoir des retours sur les différents cas d'usage et sur la performance réelle de cette technologie, ainsi que sur les questions qui se posent.Cédric O, secrétaire d'Etat au Numérique au "Parisien"

Comme le reconnaît lui-même Cédric O, "il y a de toute évidence des avantages, et des opportunités, mais aussi un certain nombre de risques pour les libertés publiques". La semaine passée, déjà, 80 organisations – dont l'Observatoire des libertés et du numérique – avaient rédigé un appel pour réclamer l'interdiction de "la reconnaissance faciale sécuritaire" en ciblant notamment les portiques "Parafe" utilisés par les forces de l'ordre dans plusieurs aéroports et gares.

Le gouvernement planche également sur une méthode sécurisée permettant de s'identifier en ligne pour accéder à des services publics ou privés, dans le cadre du programme Alicem (pour "authentification en ligne certifiée sur mobile"). Le décret autorisant la création de l'application a été publié en mai 2019 mais le programme basé sur la reconnaissance faciale est toujours en phase d'expérimentation. Cédric O espère qu'une solution sera proposée aux Français "à l'horizon mi-2021".