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Le vrai-faux directeur de l'aéroport de Limoges condamné à un an de prison ferme

Il est resté trois mois à la tête de cet aéroport grâce à un CV falsifié et de faux diplômes.

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Jean-Philippe Gaillard, alors qu'il était directeur de l'aéroport de Limoges (Haute-Vienne), le 9 novembre 2011. (BRUNO BARLIER / LE POPULAIRE DU CENTRE / MAXPPP)

FAITS DIVERS - Jean-Philippe Gaillard, poursuivi pour avoir exercé avec de faux diplômes la fonction de directeur de l'aéroport de Limoges (Haute-Vienne) pendant trois mois, a été condamné vendredi 21 septembre à un an de prison ferme. 

Embauché en novembre 2011 et resté trois mois à la tête de cet aéroport grâce à un CV falsifié, avec de faux diplômes et de fausses références, Jean-Philippe Gaillard était poursuivi notamment pour "escroquerie", "faux et usage de faux en récidive". Le tribunal correctionnel de Limoges l'a condamné pour "escroquerie" à deux ans de prison dont un avec sursis. Sur son CV, il avait notamment affirmé détenir un diplôme d'ingénieur de la navigation aérienne, ou encore être ancien pilote de chasse.

Anne-Charlotte Hinet - France 2

Le procureur avait requis quatre ans de prison dont un avec sursis et un mandat de dépôt à l'audience, sans épargner celui qui se présentait encore il y a quelques mois comme un ancien héros de la guerre en ex-Yougoslavie. "C'est un loser dont je suis fatigué d'entendre qu'il est brillant", a asséné le magistrat, le décrivant aussi comme "un escroc de base", "une victime permanente", "un menteur professionnel" qui a voulu assouvir "un caprice de gamin".

Un lourd passé d'escroc

Arborant une barbe de trois jours, avec chemise blanche, veste de costume sombre et pantalon beige, Jean-Philippe Gaillard a très peu parlé, évoquant seulement pendant quelques minutes un "échec retentissant", au début des années 1990, lorsqu'il n'avait pas réussi une formation aéronautique, qui avait conditionné ensuite beaucoup de ses "subterfuges".

L'avocate de la défense, Me Caroline Toby, a ironisé sur son ex-employeur, la Chambre de commerce et d'industrie (CCI), gestionnaire de l'aéroport et partie civile, qui selon elle "est venue se plaindre ici d'un préjudice qui n'existe pas dans le Code pénal : avoir été ridicule".

Jean-Philippe Gaillard, qui a également été condamné à verser 5 000 euros de dommages et intérêts à la CCI, avait été dénoncé par une ancienne compagne, qui connaissait son passé d'escroc. Il a déjà été condamné par les TGI de Bordeaux, Agen et Périgueux, notamment pour escroquerie et abus de confiance. "Le tribunal a tenu compte dans cette affaire de l'absence de préjudice", a estimé son avocate, indiquant qu'elle et son client se laissaient le temps de réfléchir à l'opportunité d'un appel. L'homme, qui comparaissait libre, n'a pas fait l'objet d'un mandat de dépôt et a pu quitter librement le tribunal.

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