La vente de peluches en vraie fourrure provoque l'indignation des internautes

L'entreprise française "Histoires de bêtes", qui propose des peluches faites à partir de vraie fourrure d'animaux, fait l'objet d'une pétition et d'appels au boycott. La direction se défend de toute maltraitance animale.

Un \"Baby Heart\", un \"Baby Racoon\" et un \"Baby Bear\" sur le site shophistoiresdebetes.com le 3 janvier 2017.
Un "Baby Heart", un "Baby Racoon" et un "Baby Bear" sur le site shophistoiresdebetes.com le 3 janvier 2017. (Histoiredebetes.com)

"Des peluches d'exception avec un supplément d'âme et de douceur". C'est avec cette phrase que le site Histoiresdebêtes.com, qui vend des peluches en vraie fourrure, accueille les consommateurs. Mais depuis la publication d'un article sur le site Konbini le 29 décembre, ces petites peluches se retrouvent dans le viseur de nombreux militants et d'internautes indignés. Ils reprochent à l'entreprise sa "cruauté" envers les animaux. La société, elle, nie tout mauvais traitement.

Vives réactions sur les réseaux sociaux

Outre des appels au boycott, notamment sur Twitter, des pétitions ont été lancées à l'encontre de l'entreprise. La plus signée, lancée le 31 décembre sur le site Mesopinions.com, recueillait plus de 27 000 signatures le 4 janvier. Une autre, lancée sur le site Change.org, rassemble plus de 10 000 signatures. "Nous disons NON à la banalisation de la cruauté!" est-il écrit sur Change.org. D'après la pétition de Mesopinions.com, ces "peluches de luxe" sont "fabriquées par tortures et dépeçage, infligés à différents animaux".

Contactée par franceinfo, la présidente d'Histoires de bêtes, Kiama Colas, se défend de toute mauvaise pratique. "Je suis très choquée. Les accusations de mauvais traitements des animaux sont sans fondement. On nous attaque alors que nous faisons les choses légalement, de façon éthique et durable", lâche-t-elle.

"La douceur est le dernier luxe"

Sur la boutique en ligne d'Histoires de bêtes, les peluches sont vendues entre 180 euros pour un "petit cœur en vison, intérieur en laine naturelle peignée, fabriqué à la main" et 1 800 euros pour un "ours en fourrure naturelle" de 40 centimètres avec "yeux en agneau cousu, nez en cuir, intérieur en laine naturelle peignée".

Un compte Instagram, qui met en avant les créations de la marque, table sur une communication positive. Ci-dessous, le "Baby Vison" à 850 euros.

A perfect exemple a farmer gave us this rabbit fur from his farm because he was about to burn it and didn't know what to do with. We created this #rabbit named Peter, can last a life time without any chemicals. #nomorewaist #recycling #welovefur #welovefrenchfarmers ❤

Une photo publiée par Histoires de bêtes (@histoiresdebetes) le

"On n’utilise pas un animal pour son plaisir. Il existe déjà plein de matières, qui ne sont pas basées sur l’exploitation animale", a répondu Valérie Ducrocq Coupé, l'auteure de la pétition de Mesopinions.com, au site de LCI.

Un argument qui ne convainc pas Kiama Colas. "Nous ne sommes pas les éleveurs. Ce serait à eux qu'il faudrait demander dans quelles conditions sont traités les animaux. Je sais que nos fournisseurs, qui travaillent depuis des décennies, sont respectueux de la condition animale, assure la présidente de l'entreprise. Les images qui montrent les animaux maltraités ne viennent pas des exploitations qui nous fournissent."

Quoi qu'il en soit, Kiama Colas semble peu inquiète pour son entreprise. "Nos clients ne sont évidemment pas ceux qui nous attaquent. Il s'agit surtout de collectionneurs qui achètent un objet d'art", assure-t-elle. Concernant les "3 000 menaces" reçues dans les jours qui ont suivi les premiers articles, la dirigeante dit avoir porté plainte pour menaces de mort et harcèlement.