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La perspective d'une hausse des prix à la pompe, consécutive à la remontée des cours du brut, déclenche la polémique

L'annonce par Total d'une nouvelle hausse en vue des prix du carburant a fait réagir le gouvernement qui réclame plus de transparence.La ministre du Budget, Valérie Pécresse, a promis lundi matin que le gouvernement serait "très vigilant" pour éviter que la hausse du prix du pétrole soit répercutée plus vite que sa baisse sur les prix à la pompe.
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Le PDG de Total, Christophe de Margerie, a annoncé que les prix du carburant allaient augmenter. (AFP - Vadim Zhernov / Ria Novosti)

L'annonce par Total d'une nouvelle hausse en vue des prix du carburant a fait réagir le gouvernement qui réclame plus de transparence.

La ministre du Budget, Valérie Pécresse, a promis lundi matin que le gouvernement serait "très vigilant" pour éviter que la hausse du prix du pétrole soit répercutée plus vite que sa baisse sur les prix à la pompe.

Le ministre de l'Economie François Baroin a annoncé qu'il s'entretiendrait mardi avec le PDG de Total Christophe de Margerie pour faire le point sur l'évolution des prix des carburants.

Au moment où les Français partent en vacances, le PDG de Total avait déclaré samedi que son groupe allait continuer de répercuter à la pompe l'évolution des prix du baril, en ajoutant que" ça ne va pas faire plaisir".

"Si on ne répercute pas la hausse du baril, la boîte coule", a affirmé M. Margerie, sans toutefois chiffrer la hausse prévue.

Réactions
"Il ne faut pas que les hausses soient répercutées plus vite que les baisses et ça, c'est un vrai sujet, il faut vraiment que le gouvernement fasse respecter cette règle", a dit Valérie Pécresse sur RTL.

"Nous avons demandé et obtenu des groupes pétroliers qu'ils baissent les prix à la pompe à due concurrence de la baisse des prix du pétrole qui a eu lieu il y a quelques semaines", a-t-elle expliqué.

"Aujourd'hui les prix remontent et effectivement, dans ce cas-là, les groupes pétroliers répercutent la hausse sur leurs prix, c'est le dispositif de confiance que nous avons mis en place avec eux. Mais nous allons quand même être très vigilants."

Le contexte

Le 23 juin, le gouvernement avait demandé au groupe pétrolier de répercuter les baisses du prix du pétrole après la décision de l'Agence internationale de l'Energie de puiser dans ses stocks stratégiques pour soulager le marché.

"On l'a fait", a assuré Christophe de Margerie. "Le problème, c'est que la baisse des prix de l'AIE a été très courte et derrière, les prix sont repartis à la hausse", remontant de 114 dollars le baril de Brent à 118 dollars au cours des derniers jours, a-t-il expliqué.

"Je me suis engagé vis-à-vis de Bercy à répercuter les prix du pétrole à la pompe. Sans provocation, le problème c'est qu'on va continuer à le faire et donc ça ne va pas faire plaisir", a-t-il dit.

En effet, "les prix étant plutôt à la hausse, il ne faut pas s'attendre à ce que sur le long terme les prix baissent".

Total pourrait revoir sa stratégie fiscale
Autre annonce du patron de Total, une possible évolution de sa stratégie fiscale. Total est en effet souvent critiqué pour ne pas payer d'impôt sur les sociétés en France malgré un bénéfice annuel supérieur à 10 milliards d'euros.

"Vous allez avoir des surprises sur le régime dérogatoire", a lancé M. Margerie à la presse. "Très certainement, il va falloir qu'on réfléchisse sur l'intérêt ou pas qu'il y a à garder ce régime", a-t-il ajouté.

Seules quelques multinationales françaises utilisent ce régime, qui leur permet d'inclure dans le résultat imposable en France les résultats (et donc les éventuels déficits) des filiales étrangères qu'elles contrôlent.

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