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La fin de la gratuité des classes prépas, une mesure controversée

Un amendement adopté mercredi en commission à l’Assemblée propose que les étudiants des classes préparatoires s'acquittent de droits d’inscription, comme ceux des universités.

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Le lycée Condorcet à Paris, 21 décembre 2012. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

La mesure n'est pas encore votée, mais elle fait déjà polémique. Les étudiants des classes préparatoires aux grandes écoles devront acquitter des droits d’inscription, comme ceux des universités, selon un amendement adopté mercredi 22 mai en commission à l’Assemblée. Cette disposition devra être formellement votée lors du débat sur le projet de loi présenté par la ministre Geneviève Fioraso, mais certains députés et associations ont déjà manifesté leur opposition. Retour sur les arguments des uns et des autres.

La justification : l'origine sociale des élèves et le coût pour l'Etat

L'auteur de cet amendement est le rapporteur de la loi sur la recherche et l’enseignement supérieur, Vincent Feltesse (PS). Il avait déjà présenté un amendement similaire sur le principe, mais différent dans ses modalités, la semaine dernière. Selon lui, les élèves de classes préparatoires bénéficient du principe de gratuité qui s’applique au lycée, alors que, "compte tenu de leur origine sociale", il serait logique qu’ils paient des droits d’inscription, à l’instar des étudiants des universités. Il avait cependant précisé que les élèves boursiers pourraient bénéficier d’une dérogation.

L'amendement met en avant les chiffres de la Direction de l’évaluation du ministère de l’Enseignement supérieur : 50,9% des élèves de prépa seraient d'origine sociale "particulièrement favorisée" (parents cadres ou exerçant une profession intellectuelle), alors qu'ils ne représentent que 30,3% des étudiants de l'ensemble des formations de l'enseignement supérieur. De plus, toujours selon la même source, le coût moyen pour l'Etat par élève atteint 15 240 euros par an en classe préparatoire contre 8 080 euros à l’université.

La polémique : la destination de l'argent et les sommes déjà versées pour les concours

La semaine dernière, en commission, la ministre de l’Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, avait expliqué être "d’autant plus réservée sur l’amendement tel qu’il était alors rédigé" car il stipulait que "le produit des droits d’inscription reviendrait aux lycées". De son côté, la députée PS Sandrine Doucet avait évoqué "le risque que les établissements accueillant à la fois des classes préparatoires et des sections de techniciens supérieurs ferment les secondes au profit des premières, de façon à recueillir plus de droits d’inscription". "Un tel résultat contrarierait notre volonté de démocratiser les BTS en les ouvrant plus largement aux titulaires de baccalauréat professionnel", avait-elle ajouté.

Côté enseignants, l'Union des professeurs de spéciales (UPS), qui regroupe des profs de prépas scientifiques, citée par Capital.fr, dénonce un "amendement punitif". "Que les étudiants paient pour rentrer en classe prépa, pourquoi pas ? Mais en contrepartie, il faudrait que les frais d'inscription aux concours en fin de deuxième année soient gratuits. Certains étudiants déboursent en effet jusqu'à 1 000 euros", commente la présidente de l'UPS, Sylvie Bonnet. La présidente de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (PEEP), interrogée par le site, avance le même argument, ajoutant que les élèves de prépa paient aussi parfois des frais pour l'internat.

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