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La croissance démographique française ralentie par un pic de décès en 2012

La hausse de la population est la plus faible depuis dix ans. Ce qui s'explique notamment par un nombre important de décès : près de 26 000 de plus qu'en 2011.

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Avec 300 000 nouveaux habitants, la France métropolitaine et les départements d'outre-mer comptaient 65 586 000 habitants au 1er janvier 2013, selon l'Insee. (REMY GABALDA / AFP)

Il s'agit de la croissance démographique la plus faible des dix dernières années. Avec 300 000 nouveaux habitants, la hausse de la population française a été moins importante que les années précédentes, en raison d'un nombre de décès très élevé en 2012, selon les chiffres publiés mardi 15 janvier par l'Insee.

La France métropolitaine et les départements d'outre-mer comptaient, au 1er janvier 2013, 65 586 000 habitants (sans Mayotte), selon les données du recensement. Soit une hausse de 0,47%, la plus faible des dix dernières années, précise l'Institut national de la statistique. 

Le solde migratoire, c'est-à-dire la différence entre le nombre des personnes entrées et sorties du territoire, est resté relativement faible (54 000).

Moins de naissances

Le solde naturel, la différence entre le nombre de naissances (822 000) et le nombre de décès (571 000), est "parmi les plus bas de la décennie". A cela, une principale explication : les naissances ont un peu diminué l'an dernier,en raison de la baisse du nombre de femmes en âge de procréer. La fécondité est restée stable pour la cinquième année consécutive, à 2,01 enfants par femme.

Au sein de l'Union européenne, l'Irlande reste championne de la fécondité, avec 2,05 enfants par femme en 2011, l'Hexagone arrivant en deuxième position. La France n'atteint toutefois pas le seuil de renouvellement des générations, qui est de 2,07.

Plus de décès

Mais "le fait majeur de 2012, c'est le nombre de décès important", relève Pascale Breuil, chef de l'unité des études démographiques et sociales de l'Insee. Ils ont en effet été "particulièrement nombreux" l'an dernier (près de 26 000 décès de plus qu'en 2011), et ont même atteint leur niveau le plus élevé depuis 2000, en raison d'une vague de froid exceptionnelle et de plusieurs épidémies (grippe, gastro-entérites...) qui ont frappé la France au cours de l'hiver, explique l'Insee.

Par ailleurs, le vieillissement des baby-boomers devrait mécaniquement augmenter le nombre de décès et ralentir la croissance démographique à l'avenir. Au 1er janvier 2013, la France comptait 17,5% d'habitants âgés d'au moins 65 ans et près d'un habitant sur dix avait au moins 75 ans.

L'Insee note aussi qu'en 2012, notamment en raison du nombre élevé de décès, l'espérance de vie a stagné pour les hommes (78,4 ans) et même diminué de deux mois pour les femmes (84,8 ans). "Comme avec la canicule en 2003, c'est un accident, assure toutefois Pascale Breuil, pas une rupture de tendance."

Davantage de mariages, le divorce stable

Le nombre de mariages est estimé à 241 000 en 2012. C'est la première année de hausse significative après une baisse quasi continue depuis 2000. Au tournant du millénaire, 305 000 mariages avaient été célébrés. Mais ces nombreux mariages sont de plus en plus tardifs : à l'âge de 31,9 ans pour les hommes (30,4 ans en 2002) et 30,1 ans (28,3 ans en 2002) pour les femmes.

En 2011, le nombre de divorces s’est stabilisé autour de 133 000, après un pic à 155 300 en 2005. Depuis cette date, on compte moins de deux mariages pour un divorce, 2011 marquant même le niveau le plus faible : 1,8 mariage pour un divorce.

La part des enfants nés hors mariage augmente tendanciellement, car le nombre de mariages diminue sur une longue période et la natalité progresse toujours. En 2011, 56% des enfants sont nés hors mariage, contre 37% en 1994.

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