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Pierre Mauroy est mort à l'âge de 84 ans

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a annoncé la mort de l'ancien Premier ministre en marge d'une visite officielle de François Hollande à Tokyo. 

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France Télévisions
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L'ancien Premier ministre socialiste et ancien maire de Lille Pierre Mauroy assiste, le 29 janvier 2012 à l'opéra de Lille (Nord), à l'hommage qui lui est rendu pour l'ensemble de sa carrière politique. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Il a été le premier chef d'un gouvernement socialiste sous la Ve République. Pierre Mauroy, figure emblématique de la gauche, est mort à l'âge de 84 ans, a annoncé vendredi 7 juin le ministre des Affaires étrangères. Pour Laurent Fabius, "c'est tout un pilier du socialisme démocratique qui s'en va". 

Opéré d'une tumeur cancéreuse au poumon en avril 2012, Pierre Mauroy avait été de nouveau hospitalisé dans la nuit du 1er au 2 juin dans un établissement de la région parisienne, en raison de son état de fatigue. Il aurait fait "un malaise à la suite d'une hospitalisation qui était prévue" dans le cadre de son traitement, selon un proche cité par l'AFP. Maire de Lille (Nord) pendant 28 ans (1973 à 2001), Pierre Mauroy a surtout marqué les esprits par son action pendant le premier septennat de François Mitterrand. 

Retraite à 60 ans, 39 heures... Des réformes sociales emblématiques

Pierre Mauroy met en œuvre le "changer la vie", prôné par le Parti socialiste : c'est sous son égide que la décentralisation, l'impôt sur les grandes fortunes, la cinquième semaine de congés payés ou encore la semaine de travail de 39 heures ont été lancés. Les Echos (article abonnés) rappellent l'impact spectaculaire de ces mesures, notamment sur le plan économique. Elles se traduisent par une politique massive de relance. Le smic augmente de 10%, le minimum vieillesse de 20%, les allocations familiales de 25% et plus de 50 000 emplois sont créés dans le secteur public. C'est encore sous Pierre Mauroy que la peine de mort est abolie en 1981.

L'année suivante, le gouvernement de Pierre Mauroy adopte une autre réforme sociale marquante : celle des retraites, qui fixe l'âge de départ à 60 ans. C'est aussi l'un de ses derniers combats, en 2010, à l'Assemblée nationale, alors que le gouvernement Fillon s'apprête à l'enterrer. "Ç'a été un immense espoir (...) La liquider de cette façon, ce n'est pas possible", déclare-t-il dans l'hémicycle, face à un Eric Woerth attentif.  

Le "tournant de la rigueur"

Devant la menace de faillite économique, Pierre Mauroy assume le "tournant de la rigueur" en 1982-83. Il "a été magnifique", se souvient Jacques Attali qui faisait partie, comme lui, des dirigeants socialistes hostiles au repli de la France à l'abri de l'Europe et de l'Occident monétaristes de Reagan et Thatcher.

Pierre Mauroy "a été décisif dans le fait de convaincre Mitterrand qu'il ne fallait pas sortir du système monétaire européen et casser l'Europe pour faire le socialisme dans un seul pays. [Le président] y avait un peu pensé", souligne de son côté Michel Rocard, qui assura plusieurs portefeuilles dans les deux premiers gouvernements Mauroy.

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