Vidéo Grève de la faim de la mère d’une Française en Syrie : "Ce n'est pas simple d'extraire des camps des ressortissants français", justifie Éric Dupond-Moretti

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Le ministre de la Justice dit "entendre la souffrance" de la mère mais invoque des accords internationaux et des dangers pour les femmes sur place.

"J'entends sa souffrance", a déclaré Éric Dupond-Moretti, le ministre de la Justice, vendredi 5 février sur franceinfo, à propos de la grève de la faim de Pascale Descamps, une mère de famille française qui réclame le rapatriement de sa fille partie rejoindre Daech en Syrie en 2015 et actuellement malade d'un cancer. "Son dossier est suivi de près", a assuré le garde des Sceaux.

"Non je ne considère pas qu'elle est moins française que les autres", a-t-il poursuivi concernant la fille de Pascale Descamps. "Je pense seulement que des accords internationaux ont été pris et les ressortissants français qui sont allés là-bas pour faire la guerre, doivent être jugés là-bas." Dans ces pays où la peine de mort existe, le ministre dit être "extrêmement attentif à cette question de la peine de mort". "Avez-vous vu un Français subir ce châtiment suprême à l'heure où nous parlons ?", tranche le ministre.

35 enfants ont été rapatriés

"Il y a un regard très attentif, vigilant, porté par le ministre des Affaires étrangères sur ces questions extrêmement complexes", a affirmé Éric Dupond-Moretti. "La question du rapatriement est extrêmement difficile. Elle met en danger aussi des soldats, des agents français et ça n'est pas simple d'extraire des camps les ressortissants français." Sur la question des enfants "nous en avons rapatriés 35", précise le garde des Sceaux. "Les derniers sont arrivés en France le 13 janvier dernier, en toute discrétion, mais ils sont arrivés en France et ils ont été pris en charge soit par leurs familles soit par la protection de l'enfance."  
 
"Ce que je dis, c'est que c'est extrêmement dangereux les rapatriements, a-t-il répété, il y a des agressions gravissimes sur les mères qui consentent à laisser leurs enfants revenir par d'autres mères qui ne comprennent pas cette position, tout cela est très complexe." "Cela nous préoccupe beaucoup.

Il y a la réponse de cœur et la réponse possible et ce ne sont pas toujours les mêmes réponses. Et en même temps on n'oublie pas que des Français nous ont trahis pour aller nous combattre et pour aller nous combattre au profit de l'État islamique.

Éric Dupond-Moretti, ministre de la Justice

à franceinfo

"Mais je peux vous dire, qu'il ne se passe pas une rencontre, une réunion, avec le ministère des Affaires étrangères sans que ces questions ne soient évoquées", a affirmé le ministre de la Justice..  

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