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Qui est Assia, l'ado candidate au jihad retrouvée à Marseille ?

Disparue depuis quatre jours du domicile familial, la jeune fille de 15 ans, suspectée d'avoir fugué pour aller "faire le jihad" en Syrie, a été retrouvée samedi soir. Elle a été mise en examen lundi, selon France 2.

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Le bar de Marseille (Bouches-du-Rhône) où Assia a été retrouvée, le 4 octobre 2014. (BORIS HORVAT / AFP)

Elle a 15 ans, et elle dit avoir fugué pour aller "faire le jihad" en Syrie. Assia, originaire de Villefontaine (Isère), avait disparu mercredi 1er octobre. Elle a été retrouvée à Marseille (Bouches-du-Rhône) quatre jours plus tard. Interpellée puis transférée en Isère, l'adolescente a été mise en examen pour vol et escroquerie lundi 6 octobre, révèle France 2. Elle était en garde à vue pour le vol de la carte bancaire de ses parents et son utilisation frauduleuse.

Assia fait aussi l'objet d'une mesure d'assistance éducative. Elle est rentrée chez ses parents. "On a affaire à une adolescente extrêmement déterminée, mais également extrêmement paumée", a précisé dimanche le procureur de la République de Vienne, Matthieu Bourrette, selon Le Parisien (article payant). Que sait-on de cette jeune fille ?

N. PEREZ / FRANCE 3

Elle n'en était pas à sa première fugue

"C'est une fugue avant tout", a déclaré lundi son avocate Coline Rougeaux, au correspondant de France 2. L'adolescente fuguait pour la troisième fois. La première fois, elle avait également fugué pour aller "faire le jihad" en Syrie. Elle a été retrouvée samedi soir à Marseille par ses parents qui étaient partis la chercher directement sur place, dans un bar, à proximité de la Gare Saint-Charles à Marseille. 

"Les parents avaient largement distribué des photos récentes de la jeune fille dans le quartier et c'est un jeune homme qui est tombé sur la jeune femme fille qui a dit à ses parents : 'Mais je la connais'", a indiqué une source proche du dossier, regrettant que les parents aient "appelé d'abord les médias, puis la police". Elle a rencontré plusieurs jeunes, dont un autre mineur en fugue, avec qui elle partageait une chambre d'hôtel.

Elle connaît très mal l'islam

Assia "est venue partager le repas de l'Aïd-el-Kébir", a raconté dimanche la gérante de la brasserie marseillaise où l'adolescente a été retrouvée. La restauratrice, qui a été entendue durant trois heures par la police, conteste vigoureusement l'avoir employée. "Le bar était fermé pour la journée, on fêtait l'Aïd-el-Kébir en famille et on l'a trouvée sur la terrasse", au pied de la gare, a-t-elle dit, sous couvert de l'anonymat. "Elle nous a demandé pourquoi on faisait la fête, elle ne savait même pas que c'était l'Aïd-el-Kébir", a-t-elle ajouté, mettant en doute la motivation religieuse de la fugue.

"Elle considère que participer au jihad est 'une expérience de la vraie vie'. Son degré de religiosité apparaît extrêmement faible et il n'y a aucun propos idéologiquement construit", a aussi dit, perplexe, Matthieu Bourrette. "Il semble qu'elle apprenne par cœur les sourates sans réellement en comprendre le sens et ne parle absolument pas arabe", a-t-il ajouté.

Sur RTL, l'adolescente a expliqué avoir "été entraînée en voyant les vidéos". "Après, je suis arrivée à Marseille et j'ai rencontré des gens qui m'ont beaucoup aidée et m'ont expliqué que le jihad n'était pas l'islam, que là-bas, c'était des terroristes qui tuaient des femmes et des enfants. Donc, après, j'ai arrêté", a-t-elle affirmé à la radio.

Elle est à la fois considérée comme dangereuse et en danger

Matthieu Bourrette a souhaité qu'elle soit présentée lundi au juge des enfants de la ville, avec ouverture de deux dossiers : l'un en assistance éducative, l'autre à caractère pénal, la considérant comme en danger avec ses multiples fugues, mais également potentiellement dangereuse ou du moins s'inscrivant dans un acte de délinquance.

C'est en découvrant l'existence d'un compte Facebook, que la collégienne cachait à ses parents et utilisait sous un pseudonyme, que les enquêteurs avaient mis au jour son intention de gagner la Syrie via le sud de la France. "Elle a admis qu'on avait pu lui monter la tête dans le cadre des échanges qu'elle avait eus sur Facebook", confie le procureur. Selon le procureur, l'adolescente s'était retrouvée très isolée et passait le plus clair de son temps chez elle. Elle était scolarisée à domicile.

Des informations qui révèlent sa fragilité, mais aussi sa détermination. "Elle prend sa garde à vue à la légère, cela semble la faire rire", a indiqué Matthieu Bourrette. Le fait de se retrouver pendant quatre jours à Marseille en errance "est la démonstration qu'on a affaire à quelqu'un de déterminé et pas à une simple fugue liée à un vague à l'âme", affirme-t-il.

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