La France a rapatrié sept enfants de jihadistes détenus dans des camps du nord-est de la Syrie

Au total, 35 enfants de jihadistes français ont été ramenés seuls de Syrie depuis l'effondrement du groupe Etat islamique en mars 2019. Mais d'autres sont revenus avec leurs parents.

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Le camp de Al-Hol, en Syrie, où vivaient certains des mineurs rapatriés en France, ici le 25 août 2020. (DELIL SOULEIMAN / AFP)

La France a rapatrié, mercredi 13 janvier, sept enfants de jihadistes français du nord-est de la Syrie, sous contrôle des forces kurdes, a annoncé le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué. "Particulièrement vulnérables", ils ont été remis à leur arrivée en France aux "autorités judiciaires" et "pris en charge par les services sociaux", a-t-il ajouté.

Selon les informations de France Télévisions, ces enfants sont âgés de 2 à 11 ans, ont quitté la Syrie dimanche, et ont été rapatriés pour raison médicale ou en raison d'une vulnérabilité. "On se félicite dans ce contexte global d’en ramener au cas par cas", indique une source proche du dossier.

Parmi ces enfants, "trois orphelins"

Ces enfants étaient détenus dans les camps de Roj et d'Al-Hol, a indiqué une source anonyme au sein de l'administration semi-autonome kurde à un correspondant de l'AFP. "Ils appartiennent à des familles de l'EI. Trois enfants sont de la même famille et sont orphelins. Pour les quatre autres, leurs mères ont accepté leur retour en solitaire, en raison de leur état de santé délicat", a-t-elle ajouté.

Dans un communiqué, l'administration semi-autonome kurde a annoncé avoir reçu mardi la visite d'une délégation française emmenée par le directeur du centre de crise et de soutien du Quai d'Orsay. Durant la visite, "un certain nombre d'enfants des familles du groupe EI ont été remis [à la délégation] en raison de leur état de santé, en vertu d'un accord officiel signé par les deux parties", précise ce communiqué. "La France remercie les responsables locaux du nord-est Syrien pour leur autorisation et leur coopération", a ajouté le ministère sans plus de précisions.

Le premier rapatriement depuis juin

Au total, 35 enfants de jihadistes français ont été ramenés seuls de Syrie depuis l'effondrement du groupe Etat islamique (EI) en mars 2019. Le dernier rapatriement remontait à juin 2020 et concernait dix mineurs. Il s'agit généralement d'orphelins et d'enfants confiés par les rares mères ayant accepté de s'en séparer. D'autres enfants, dont le nombre n'est pas connu, sont revenus avec leurs parents.

Les autorités françaises sont régulièrement montrées du doigt par plusieurs associations pour leur refus de rapatrier les quelque 150 jihadistes français, hommes et femmes, qu'elles estiment complices de l'EI, des théâtres syrien et irakien, et pour le retour au compte-gouttes des enfants, subordonné à l'autorisation des parents. La Commission nationale consultative des droits de l'homme a demandé, en décembre, le retour de tous les enfants de Syrie ainsi que des jihadistes "condamnés à mort en Irak". Elle avait alors estimé à 250 le nombre de mineurs français concernés, et déploré la gestion "au cas par cas" opérée par le gouvernement français.

"Cette opération laisse un goût amer, même si elle prouve encore une fois que la France a la capacité de rapatrier qui elle veut, quand elle veut", a réagi dans un communiqué le Collectif des familles unies, qui réunit des proches de détenus français en Syrie et en Irak.

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