Instituteur soupçonné de pédophilie : chronologie de l'affaire

Les parents de trois fillettes dénonçent l'attitude du recteur de l'académie de Créteil, après la mise en examen d'un maître le 19 mars. 

L\'école Chateaubriand à Créteil (Val-de-Marne) où un professeur a été mis en examen, à la mi-mars 2012, pour agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans. 
L'école Chateaubriand à Créteil (Val-de-Marne) où un professeur a été mis en examen, à la mi-mars 2012, pour agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans.  (MAXPPP / LE PARISIEN)

La nouvelle fait l'effet d'un "tsunami", selon les mots de Judith, une représentante des parents d'élèves de l'école maternelle Chateaubriand, à Créteil (Val-de-Marne). Deux semaines après la mise en examen d'un instituteur pour agressions sexuelles sur au moins deux élèves de moyenne section, une cellule de crise a été mise en place pour les parents et les élèves, lundi 2 avril. 

"Un peu tard", commente la représentante. Les deux familles concernées commencent elles aussi à s'agacer de l'attitude de l'administration, qu'ils dénoncent dans un entretien diffusé sur France 2. Les deux parents dont les enfants auraient été agressés sexuellement envisagent d'ailleurs de porter plainte pour non-assistance à personne en danger contre le recteur de Créteil, ont-ils annoncé lundi soir. FTVi dresse une chronologie de l'affaire. 

• Mi-mars : aveux et mise en examen de l'enseignant

L'affaire remonte au 19 mars. Ce jour-là, un instituteur de 48 ans est mis en examen et remis en liberté sous contrôle judiciaire pour agressions sexuelles sur mineures de moins de quinze ans, après les plaintes de deux parents d'élèves. L'enseignant, qui a confessé ses actes aux enquêteurs, a été immédiatement suspendu de ses fonctions, par mesure de précaution. "Interrogé par la Brigade des mineurs de Créteil, il aurait reconnu avoir abusé sexuellement de 3 ou 4 enfants entre décembre et mars dernier", indiquent nos confrères de France 3 Ile-de-France.

C'est Audrey, la mère d'une des fillettes, qui a donné l'alerte quelques jours plus tôt après que son enfant lui a confié la situation. "Jeudi 15 [mars], elle a commencé à me raconter, avec ses mots d'enfants, ce qu'elle avait vécu, raconte la mère sur RTL. Elle a évoqué une autre petite fille". Dominique, le père de l'autre enfant, est à son tour averti. Selon Le Parisien, sa fille aurait aussi évoqué une autre victime.

• Samedi 31 mars : le gouvernement intervient

Dans un communiqué publié samedi 31 mars, le ministre de l'Education, Luc Chatel, déplore "un drame épouvantable", affirmant avoir entendu "la légitime détresse" des parents des fillettes. Luc Chatel assure alors que ces derniers seront reçus lundi 2 avril par le recteur de l'académie de Créteil. 

• Dimanche 1er avril : les parents montent au créneau

Au lendemain de la déclaration du ministre, le père d'une des fillettes réagit à son tour, dénonçant "l'inertie" du rectorat de Créteil et les "effets d'annonce" de Luc Chatel. Il confie aussi à l'AFP avoir assigné en justice le rectorat pour non-assistance à personne en danger. 

Invité dans la soirée par RTL, il critique le "blackout", l'absence de communication et un "dysfonctionnement" de l'administration. "Dès le lendemain de cette audition [celle de sa fille], j'ai voulu m'approcher du rectorat, leur poser des questions, savoir quel comportement adopter face à notre enfant. On nous a simplement expliqué qu'on ne pouvait rien pour nous (…) que ce n'était pas leur boulot", confie-t-il à la radio. Selon Le Parisien, une réunion d’information a été organisée à l’école… dix jours plus tard.

Même colère et sentiment d'abandon du côté de la mère de l'autre fillette. "Je compte porter plainte contre le rectorat", explique Audrey, lundi, sur France 2. "Je veux que la directrice, toutes les personnes qui sont à la direction d'une école prennent leurs responsabilités", assure-t-elle encore sur RTL.

• Lundi 2 avril : le rectorat contraint de s'expliquer

Le recteur de l'académie de Créteil, William Marois, a rejeté lundi les accusations de "dysfonctionnement" du père d'une des fillettes. "Dès qu'a été révélée la suspicion d'attouchements à caractère sexuel sur des enfants (…), nous avons pris immédiatement, sans attendre des éléments d'enquête, la décision de remplacer l'enseignant () et de le suspendre", s'est-il expliqué lors d'une conférence de presse.

Une enquête administrative a été lancée en interne, afin d'en savoir plus sur le rôle du rectorat dans cette affaire. "J'ai besoin de savoir si, à tous les échelons [de l'Education nationale], il y a eu les réponses appropriées à la gravité de la situation. Vis-à-vis des parents, c'est important qu'on leur dise ce qui s'est passé", s'est ainsi justifié Luc Chatel. 

"Il y a bien une rencontre prévue [entre les familles concernées et] le ministre", a confirmé l'entourage de Luc Chatel lundi soir.