Tensions entre migrants à Calais : 100 policiers et gendarmes envoyés en renforts

Plusieurs rixes ont éclaté ces derniers jours à Calais, entre des migrants désireux de passer en Angleterre.

Des migrants se bagarrent sous le regard des policiers, le 21 octobre 2014 à Calais.
Des migrants se bagarrent sous le regard des policiers, le 21 octobre 2014 à Calais. (MAXPPP)

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé, mercredi 22 octobre, l'envoi de 100 policiers et gendarmes en renfort à Calais (Pas-de-Calais), alors que, pour la troisième journée consécutive, des rixes ont eu lieu entre migrants désireux de passer en Angleterre.

Dans un entretien publié sur le site du quotidien La Voix du Nord, Bernard Cazeneuve affirme avoir "décidé de renforcer encore" les effectifs de maintien de l'ordre "par l'envoi de cent policiers et gendarmes supplémentaires, dont soixante-dix en permanence 24h/24 pour sécuriser le port, et trente autres pour sécuriser le centre-ville".

Un total de 450 policiers et gendarmes mobilisés

Rappelant que "350 policiers sont déjà mobilisés à Calais, avec les deux compagnies de CRS que j'y ai déjà affectées", cela fera un total "à partir d'aujourd'hui à Calais" de 450 policiers et gendarmes mobilisés, "ce qui est exceptionnel pour une circonscription de police de 75 000 habitants, mais totalement justifié compte tenu de la situation", explique encore le ministre.

Bernard Cazeneuve évoque également de prochains travaux pour sécuriser le port, évoquant des "barrières provisoires" dans un premier temps, avant "une sécurisation définitive" dans les prochains mois. "L'objectif est de fluidifier la circulation des camions, d'éviter qu'ils soient assaillis, et de renforcer les contrôles, tout en assurant la sécurité des migrants qui sont eux-mêmes en danger. Il s'agit aussi de soulager les forces de l'ordre et de décourager les filières de passeurs", conclut le ministre.

Nouvelles rixes entre Erythréens et Ethiopiens

De nouvelles rixes entre migrants d'origines érythréenne et éthiopienne ont éclaté, en fin de matinée mercredi, dans une rue de Calais, où les clandestins viennent s'approvisionner dans des magasins discount. "C'est la première fois que des échauffourées se produisent dans Calais même, forçant la police à s'interposer", a assuré une source policière.

Selon un scénario devenu habituel, des migrants se sont ensuite dirigés vers la rocade d'accès au port, où une file de camions de plus de 3 km s'était formée, en raison de la forte affluence le mercredi du trafic de poids lourds en provenance des extrémités de l'Europe.

Des centaines de migrants ont alors essayé de monter dans les camions pris dans le bouchon sur la rocade d'accès, et les CRS sont intervenus pour les éloigner. Vers 15 heures, les CRS avaient fini de déloger les migrants, laissant à la police de Calais et à la police aux frontières le soin de surveiller la file de camions qui n'a commencé à se résorber que vers 20 heures.