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Migrants morts dans la Manche : "En matière de sauvetage, le risque zéro n’existe pas", répond la préfecture maritime à l'accusation de non-assistance à personnes en danger

À la suite de la plainte pour homicide involontaire et non-assistance à personnes en danger déposée par l'association Utopia 56, la préfecture maritime de la Manche affirme que la coordination franco-britannique a sauvé des milliers de naufragés depuis le début de l'année.

Article rédigé par franceinfo
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Le bateau de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) à Calais. Illustration (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

"En logique de sauvetage en mer, on n’a pas de territorialité", répond ce lundi Véronique Magnin, chargée de communication de la préfecture maritime de la Manche à franceInfo. La préfecture réagit à la plainte déposée par l’association Utopia 56 pour "homicide involontaire" et "omission de porter secours" contre le préfet maritime de la Manche, le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) et les garde-côtes britanniques après la mort d'au moins 27 migrants dans la Manche le 24 novembre, qui n'ont pas été secourus alors qu'ils avaient prévenus les secours.

franceinfo : Utopia 56 se base sur le témoignage des deux rescapés du naufrage qui indiquent avoir appelé à plusieurs reprises les secours français et britanniques et avoir même communiqué leurs positions GPS aux services de secours français. Est-ce qu’aujourd’hui, vous avez retrouvé des traces de ces appels ce soir-là ?

Véronique Magnin : Utopia 56 peut tout à fait avoir la liberté de déposer des plaintes. À mon niveau, je n’ai pas d’information de ce type, c’est-à-dire que je n’ai pas d’information sur l’appel qui a été passé ou non. Est-ce que les personnes ont contacté les sauveteurs, peut-être. Est-ce que l’appel a été reçu ? Seule l’enquête pourra le donner. C’est bien pour ça que dès qu’un décès en mer est observé, les enquêtes sont ouvertes. Ce qui est certain, c’est que quand une situation de détresse est connue, le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) agit et envoie les moyens appropriés. C’est ce qui s’est passé ce jour-là, où il y a eu plus de 100 personnes secourues le 24 novembre.

Le deuxième élément qui ressort du témoignage des rescapés est qu’il y aurait eu un manque de coordination entre secouristes français et britanniques. Comment marche la coopération, est-ce qu’un bateau qui vous appelle mais qui se trouve dans les eaux territoriales anglaises, vous le renvoyez vers les secours britanniques ?

Si c’est un moyen français qui est au plus proche ou qui sera le plus pertinent pour intervenir sur un bateau en détresse en secteur britannique, c’est tout à fait ce moyen qui peut intervenir.

"En logique de sauvetage en mer, on n’a pas de territorialité."

Véronique Magnin, préfecture maritime de la Manche

à franceinfo

La coordination a toujours été efficace, en tout cas elle a justement permis de sauver des milliers de personnes depuis le début de l’année.

Le nombre de sauvetages est considérable depuis le début de l’année 2021, est-ce que pour vous aujourd’hui, c’est une inquiétude de passer à côté d’une situation dramatique comme celle du 24 novembre ?

En matière de sauvetage, le risque zéro n’existe pas, encore moins en période hivernale avec une eau de plus en plus froide. Le temps de survie de quelqu’un qui tombe à l’eau dans la Manche est particulièrement réduit. À partir du moment où des centaines de personnes font le choix, ou en tout cas tentent une traversée entre les côtes françaises et britanniques, cela augmente d’autant plus le risque pour la vie humaine.

On peut avoir cette crainte d’avoir, à nouveau, une embarcation qu’on ne peut pas détecter à temps. C’est un risque qui tout simplement existe parce qu’il y a toujours un risque à prendre la mer quand on n’est pas équipé dans un secteur maritime particulièrement dangereux. C’est effectivement une situation préoccupante pour la suite de l’hiver.

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