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Migrants : l'appel des 800 pour "sortir la jungle de Calais de l'indignité"

Ce texte a été signé par des centaines de cinéastes, acteurs, écrivains ou chercheurs.

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France Télévisions
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Image prise le 7 octobre 2015 de la "jungle" de Calais, ce campement où s'entassent dans des conditions misérables des milliers de migrants attendant de partir pour Calais. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Mettre fin à "l'indignité" de la "jungle de Calais". Tel est le sens de l'appel lancé par 800 artistes et intellectuels dans Libération, mardi 20 octobre. Ils entendent amplifier le cri d'alarme "de nombreuses associations sur le terrain" qui ne peuvent plus remédier aux "épouvantables conditions de vie" dans ce campement. Plus de 6 000 migrants et réfugiés s'entassent désormais dans l'insalubrité, espérant gagner l'Angleterre. "Jusqu'à quand allons-nous nous taire ?", écrivent-ils.

Parmi les signataires : les écrivains Annie Ernaux, Delphine de Vigan, Maylis de Kerangal, les acteurs Romain Duris, Josiane Balasko, Berenice Bejo, Rachida Brakni, l'ancien footballeur Eric Cantona, l'humoriste Sophia Aram, les dessinateurs Enki Bilal, Frank Margerin, Riad Sattouf, le musicien Benjamin Biolay, les cinéastes Céline Sciamma, Cédric Klapisch, l'économiste Thomas Piketty... 

"Un désengagement honteux de l'Etat"

Ces artistes ou chercheurs jugent que le "désengagement de la puissance publique est une honte dans un pays qui même en période de crise, reste la sixième puissance économique mondiale". Ils fustigent aussi les discours "réactionnaires ou fascisants" qui "ne cessent depuis des années de diviser les gens, d’opposer des catégories toujours plus fragmentées, pour mieux propager leur idéologie haineuse".

Ils estiment que "cette mise en concurrence des indigences est ignoble""nie notre humanité commune" et "nous prépare au pire". Aussi ont-ils pris la parole pour "dire non à la situation réservée à ceux qui sont actuellement les plus démunis de droits en France : les exilés de Calais". Ils demandent "donc solennellement au gouvernement un large plan d’urgence pour sortir la jungle de Calais de l’indignité dans laquelle elle se trouve".

Le nombre de migrants présents à Calais (Pas-de-Calais) dans la "nouvelle jungle" a doublé ces trois dernières semaines, a indiqué la semaine dernière la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, à l'agence Reuters. "Je ne sais pas ce que nous réserve le futur, mais 6 000, c'est un maximum", a-t-elle déclaré.

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