Crise en Guadeloupe : l'économie locale au ralenti, les professionnels du tourisme inquiets

Les barrages dressés sur les routes de l'île empêchent les commerçants de travailler normalement. Les professionnels du tourisme commencent aussi à s'inquiéter alors que la haute saison doit bientôt commencer.

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Radio France
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Un piéton traverse un barrage filtrant à Mare Gaillard, près de Pointe-a-Pitre en Guadeloupe, le 22 novembre 2021. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Le long de la plage de Sainte-Anne, en Guadeloupe, la plupart des bars et des restaurants sont fermés à cause des barrages routiers, l'approvisionnement devient difficile et les employés ne peuvent plus venir travailler. Stéphanie est en vacances ici avec son mari pour une dizaine de jours. Des vacances un peu particulières. "On est arrivés jeudi, on a mis cinq heures pour faire 40 km, raconte-t-elle. On n'ose pas bouger, on ne veut pas être bloqués dans les barrages, les émeutes. Donc on ne sort pas beaucoup. Du coup, on ne peut rien faire." La colère, Stéphanie assure la comprendre, "parce que c'est vrai qu'il y a des revendications et ça se comprend. Ce que je ne comprends pas, c'est la violence. Il faut qu'on les entende, mais pas dans ces conditions."

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Le couvre-feu est prolongé jusqu'au 28 novembre. Les barrages pour protester contre le pass sanitaire et l'obligation vaccinale des soignants continuent de bloquer les principales routes de l'île. Conséquence : l'économie locale tourne au ralenti. Sur le marché de Sainte-Anne, les vendeurs de souvenirs attendent désespérément les clients. Béatrice est installée derrière son étal où s'entassent les épices et les bouteilles de rhum. "C'est très compliqué parce qu'avec les barrages, on ne peut rien vendre, déplore-t-elle. Ils empêchent les touristes de venir sur le marché." Habituellement, elle vend pour "à peu près 300 euros" de marchandises, mais en ce moment elle n'arrive même pas à récolter 50 euros.

"Il n'y a pas d'argent, il n'y a rien. J'espère qu'il n'y aura plus de barrages comme ça le touriste pourra passer pour me faire travailler. S'il y a des barrages, je ne peux pas travailler."

Béatrice

à franceinfo

Ce mouvement de contestation inquiète les professionnels du tourisme comme Michel. Il propose des excursions en bateau sur les îles de l'archipel. "Il y a beaucoup de gens qui annulent, beaucoup de gens qui se posent des questions, confie-t-il. Et comme on dirait que la Guadeloupe est à feu et à sang, il y a beaucoup de gens qui ont peur. On peut les comprendre." Michel regrette que les touristes, mais surtout que les Guadeloupéens soient pénalisés. "Ce sont les gens qui ont un boulot, qui ont des enfants, qui ont une famille, poursuit-il. Et je comprends le mouvement social. Mais bloquer son propre peuple pour aboutir à une table de négociations, c'est un peu fort de café."

Malgré tout, le comité du tourisme de Guadeloupe reste optimiste. Car pour le mois de décembre, le taux de réservation dans les hôtels dépasse pour l'instant les 70%.

Guadeloupe, l'impact économique de la crise : reportage de Yann Gallic
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