Uber avoue avoir utilisé un logiciel secret pour éviter les contrôles de police

Selon la société américaine, le logiciel avait avant tout vocation à protéger ses chauffeurs. Il aurait été utilisé dans plusieurs pays, sans que l'on sache exactement lesquels.

Une personne utilise l\'application Uber sur son téléphone, le 28 octobre 2016, à Londres (Angleterre). 
Une personne utilise l'application Uber sur son téléphone, le 28 octobre 2016, à Londres (Angleterre).  (DANIEL SORABJI / AFP)

La ruse a été révélée par le New York Times. Vendredi 3 mars, Uber a reconnu utiliser depuis des années un dispositif secret afin de contourner les réglementations que la société de services de voitures de transport avec chauffeurs (VTC) jugeait hostiles à ses activités.

Selon le journal, Uber a notamment utilisé des informations recueillies via son application pour identifier les représentants de la loi chargés de prendre ses conducteurs en flagrant délit dans des villes où ses activités étaient interdites ou bridées.

Une porte-parole d'Uber a déclaré que le dispositif, baptisé Greyball, était encore utilisé, mais dans une faible mesure. Selon le New York Times, le logiciel est utilisé dans plusieurs pays, mais le journal ne précise pas lesquels. 

Des courses ignorées et des véhicules fantômes 

Les courses commandées à proximité d'un bâtiment public pouvaient ainsi être ignorées par l'application Uber, voire même annulées, explique le quotidien new-yorkais. Le dispositif caché permettait également à l'application de faire apparaître des véhicules fantômes destinés à tromper les autorités, ou de n'en faire apparaître aucun afin d'empêcher les policiers d'embarquer à bord des VTC.

Uber assure pour sa part que ce système a été élaboré pour défendre son application contre les attaques de la concurrence. Selon l'entreprise, il est également utilisé afin de prémunir ses chauffeurs contre des clients potentiellement violents. Le groupe reconnaît que le dispositif a également pu, dans des cas plus rares, être utilisé dans des villes où son activité était entravée par la réglementation.

Uber au cœur de plusieurs polémiques 

Cette révélation survient alors que le développeur le plus connu d'Uber, également vice-président du segment produit et croissance, a démissionné vendredi sans que l'on sache si ce départ était ou non lié au système Greyball.

Elle intervient en outre alors que la société se retrouve au centre de plusieurs controverses qui jettent un trouble sur ses activités : plusieurs accusations de harcèlement sexuel ont provoqué l'ouverture d'une enquête interne, avant qu'une vidéo ne vienne montrer une altercation entre le directeur d'Uber, Travis Kalanick et un chauffeur du groupe, à San Francisco (Californie, Etats-Unis). Le dirigeant a depuis présenté ses excuses