Le coup de gueule du président des taxis niçois contre les "filouteries" de ses confrères

Patrice Trapani s'est livré vendredi à une attaque inédite des pratiques de la profession. 

Manifestation de taxis niçois contre UberPop le 26 juin 2015 à Nice (Alpes-Maritimes).
Manifestation de taxis niçois contre UberPop le 26 juin 2015 à Nice (Alpes-Maritimes). ( MAXPPP)

"Je pensais sincèrement que c'était un problème isolé. Je m'en veux de pas m'être rendu compte plus tôt à quel point la situation est en fait catastrophique." Le président des taxis niçois, Patrice Trapani, s'est livré vendredi 10 juillet à une attaque inédite de pratiques de ses confrères dans une surprenante interview à Nice-Matin.

L'avalanche de témoignages critiques qui ont inondé les réseaux sociaux durant la récente grève des taxis l'a fait sortir de sa réserve. "Aujourd'hui j'ai même honte d'être taxi", assène-t-il, "ce n'est plus possible d'avoir un tel comportement, j'ai même peur que ce soit un point de non-retour".

"Certains considèrent nos clients comme de la marchandise"

"Certains taxis escroquent le client, des filouteries sur le compteur par exemple. D'autres travaillent dans des tenues qui ne sont pas acceptables pour un professionnel", détaille-t-il. "Autre exemple, quand 30 ou 40 clients attendent, certains taxis arrivent, se renseignent auprès d'eux pour savoir où ils veulent aller et selon les courses, n'acceptent pas la prise en charge. Certains considèrent nos clients comme de la marchandise. C'est intolérable, honteux", ajoute-t-il.

Pour mettre de l'ordre, en particulier à l'arrivée dans le premier aéroport de province Nice Côte d'Azur, le président des taxis niçois promet de prêcher la bonne parole auprès des brebis galeuses, mais menace de démissionner.

"Une profession qui va droit dans le mur"

"Hors de question de rester à la tête d'une profession qui va droit dans le mur", prévient le responsable qui se demande si sa profession n'a pas ouvert une "voie royale" aux chauffeurs utilisant l'application Uber.

Patrice Trapani, qui est également vice-président de la Fédération française des taxis de province (FFTP), doit comparaître à l'automne devant le tribunal correctionnel de Nice à la suite d'une altercation violente en février dernier à l'aéroport de Nice avec un chauffeur VTC.