Californie : un recours collectif de conducteurs menace le modèle d'Uber

Cette action veut notamment faire reconnaître le statut de salariés d'Uber pour des conducteurs du service dans cet Etat américain. 

Un véhicule Uber à San Francisco (Californie, Etats-Unis), le 7 mai 2015. 
Un véhicule Uber à San Francisco (Californie, Etats-Unis), le 7 mai 2015.  (ROBERT GALBRAITH / REUTERS )

Uber menacé ? La justice américaine a validé, mardi 2 septembre, le lancement d'un recours en nom collectif de conducteurs d'Uber, susceptible de remettre en cause un des fondements du controversé service de réservation par smartphone de voitures avec chauffeur.

Ce recours veut notamment faire reconnaître le statut de salariés d'Uber pour des conducteurs du service en Californie, aujourd'hui considérés comme des travailleurs indépendants. La décision ne porte pas sur le fond de la plainte, qui devra être tranché lors d'un procès. Mais, si les jurés se rangent du côté des plaignants, cela pourrait mettre en péril une base du modèle de "l'économie partagée" dont Uber, aujourd'hui une des start-up les plus en vue de la Silicon Valley avec une valorisation estimée autour de 50 milliards de dollars, est une figure de proue.

La protection des travailleurs en débat

Uber s'est fait connaître avec une application mobile utilisant la géolocalisation pour mettre l'utilisateur en contact avec un véhicule se trouvant aux environs. De nombreuses controverses, notamment avec les taxis traditionnels, ne l'ont pas empêché de s'étendre à une soixantaine de pays. Son modèle économique, reproduit par une série d'autres start-up, dépend pour beaucoup de l'extrême flexibilité des emplois sur lesquels il s'appuie, mais celle-ci nourrit des débats sur la protection des travailleurs.

La candidate démocrate à l'élection présidentielle Hillary Clinton avait notamment promis il y a peu "des mesures contre les patrons qui exploitent les travailleurs en les classifiant comme sous-traitants".