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Environ 350 habitants de Fouras ont manifesté samedi pour s'opposer à une possible destruction de leurs maisons

L'incertitude demeure sur le sort d'une centaine d'habitations classées en "zone orange", a indiqué la mairie.Selon la cartographie diffusée par la préfecture de Charente-Maritime, une grande partie de la Pointe de la Fumée, à Fouras, est en zone "orange".
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Manifestation à Fouras contre les destructions de maisons après la tempête Xynthia (10 avril 2010) (AFP / Xavier Léoty)

L'incertitude demeure sur le sort d'une centaine d'habitations classées en "zone orange", a indiqué la mairie.

Selon la cartographie diffusée par la préfecture de Charente-Maritime, une grande partie de la Pointe de la Fumée, à Fouras, est en zone "orange".

C'est-à-dire qu'elle doit faire l'objet d'une expertise complémentaire dans un délai d'un mois avant d'être classée en noire (inhabitable) ou en jaune (où le risque peut être maîtrisé).
La maire de Fouras, Sylvie Marcilly, qui précise que "104 maisons" sont concernées, a dénoncé "un zonage fait à la hache". "Je demande qu'on me fournisse des explications convaincantes que je pourrai donner à la population", a-t-elle ajouté.

Elle a aussi rappelé qu'un plan de prévention des risques naturels, lancé après la tempête de 1999, "était en phase d'achèvement" à Fouras. "Pourquoi ne reprend-on pas ce plan en l'adaptant aux nouvelles circonstances de la tempête Xynthia?", s'interroge-t-elle.

Jean-Paul Bégué, président d'une association réunissant la "grande majorité" des habitants de la Pointe de la Fumée, a estimé qu'il "est inconcevable que toute la Pointe de la Fumée soit rasée, il y a des maisons qui n'ont pas eu d'eau à l'intérieur et même pas d'eau sur le terrain pour certaines". "Ces décisions sont vécues comme des injustices", a-t-il lancé, ajoutant être "confiant sur le fait que l'Etat va prendre en compte nos remarques et va retravailler pour apporter des solutions qui soient cohérentes avec la situation réelle des risques pour les personnes et les biens".

500 personnes réunies à la Faute-sur-mer

Plus de 500 personnes, selon la gendarmerie, se sont réunies samedi après-midi à la Faute-sur-mer (Vendée) pendant plus de trois heures pour envisager les actions à venir après la tempête Xynthia à l'initiative de l'association de victimes (AVIF) de la commune. "On a balayé tous les sujets: le zonage, les expropriations, les indemnisations, les délais" en matière juridique, a expliqué à l'AFP Me Hervé Cassara, avocat au cabinet de l'ancienne ministre de l'Environnement Corinne Lepage, invité par l'association. "Les gens sont déconcertés sur cette histoire de zonage. Il y a un sentiment d'incompréhension face à des décisions que certains d'entre eux qualifient d'arbitraires. Ils reprochent aux services de l'Etat un manque de concertation", a souligné l'avocat.

Cette réunion, qui a débuté par une minute de silence en hommage aux victimes, était également l'occasion d'une prise de contact directe entre les nombreux propriétaires de résidences secondaires, venus de toute la France, qui avaient fait le déplacement.

250.000 euros d'indemnisation

Les propriétaires des 1510 maisons soumises à démolition toucheront en moyenne 250.000 euros d'indemnisation. Bernard Spitz, président de la Fédération française des sociétés d'assurance, l'a précisé jeudi devant le Sénat. Ce montant correspond au prix de la maison et du terrain

Le préfet de Vendée a organisé jeudi à l'Aiguillon-sur-mer et à la Faute-sur-mer 2 réunions d'information, au cours desquelles les cartes des zones inhabitables ont été distribuées

Un budget de 300 à 400 millions d'euros est prévu pour ces indemnisations après le passage de la tempête Xynthia, a précisé le ministre de l'Economie, Jean-Louis Borloo.

Au total, 1.510 maisons doivent être détruites, dont 915 en Vendée et 595 en Charente-Maritime, selon les chiffres des deux préfectures.

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