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Dunkerque pourrait abriter un terminal méthanier pour compenser la fermeture de la raffinerie des Flandres

Annoncé vendredi par Le Télégramme, le projet prévoit un terminal d'une capacité supérieure à 10 milliards de M3/an, financé par EDF et auquel Total prendra part à hauteur de10%.Ce montage ne satisfait pas les syndicats, ni le député-maire PS de Dunkerque Michel Delebarre. Il accuse le gouvernement et Total de "tromper" la population.
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Des décisions sur l'avenir de la raffinerie des Flandres sont attendues lundi lors d'un comité central d'entreprise.

Annoncé vendredi par Le Télégramme, le projet prévoit un terminal d'une capacité supérieure à 10 milliards de M3/an, financé par EDF et auquel Total prendra part à hauteur de10%.

Ce montage ne satisfait pas les syndicats, ni le député-maire PS de Dunkerque Michel Delebarre. Il accuse le gouvernement et Total de "tromper" la population.

Le projet est, selon l'élu, élaboré et défendu depuis "plus de deux ans" par EDF, le port de Dunkerque et les responsables locaux et une décision définitive devait être prise "très rapidement, indépendamment de l'avenir de la raffinerie des Flandres". En outre, ce terminal créerait "moins de 100 emplois" permanents, selon Michel Delebarre, alors que la raffinerie de Dunkerque emploie 380 salariés et plus de 400 personnes chez les sous-traitants.

Le député nordiste s'interroge par ailleurs sur l'avenir immédiat des employés du site, le terminal méthanier ne pouvant être mis en fonctionnement avant quatre ans, réclame le maintien en activité de la raffinerie de Dunkerque jusqu'à la mise en service effective du terminal.

Les syndicats mécontents
Vendredi soir, les syndicats Sud et CGT de Total ont affirmé que le plan visant à construire ce terminal méthanier était un projet "connu" et "insuffisant". "On s'y attendait, c'est certainement ce qu'ils vont nous annoncer lundi. Mais on ne peut pas se contenter de ce terminal. Le méthanier, c'est à l'horizon 2015, et en attendant, on fait quoi ?", a déclaré à l'AFP Philippe Wullens, délégué Sud (majoritaire à Dunkerque). Selon lui, le terminal méthanier ne compensera pas la fermeture de la raffinerie "ni en volumes (de production) ni en masse salariale, que ce soit chez les Total ou les sous-traitants". "S'ils veulent éviter la guerre, ils n'ont pas intérêt à nous annoncer ça. On a eu la visite de délégués d'autres raffineries cette semaine, ils nous ont dit: 'Si vous n'êtes pas contents lundi, on reprend la grève+", a-t-il assuré. "Les salariés de Dunkerque veulent continuer à raffiner."

La CGT n'est pas mieux disposée que Sud, s'opposant à la construction d'un méthanier par EDF à Dunkerque. "Ce projet était connu et il est passé en conseil d'administration. Nous sommes contre, car nous ne sommes pas pour qu'EDF et GDF se fassent de la
concurrence sur leurs métiers respectifs, dans la partie de ces métiers qui exige le plus de compétences et d'expertise", a indiqué à l'AFP Marie-Claire Cailletaud, de la CGT-Energie.

Des propositions du groupe pour l'avenir de la raffinerie des Flandres doivent être annoncées lundi à Paris lors d'un comité central d'entreprise (CCE).

Le combat se poursuit
La raffinerie de Dunkerque (380 salariés et plus de 400 personnes chez les sous-traitants) est à l'arrêt depuis septembre. L'incertitude qui plane depuis des mois sur son sort avait déclenché un mouvement de grève de plusieurs jours chez les salariés de la branche raffinage, qui redoutaient plus globalement un désengagement de Total en France. Les syndicats avaient mis fin à cette action après avoir reçu des garanties apportées par Total sur l'avenir de l'activité de raffinage en France.

"Les salariés de Total n'ont aucun souci à se faire. Il n'y aura pas de licenciement, tout le monde sera repris", avait promis Christophe de Margerie, directeur général de Total, le 24 février à propos du site des Flandres, dont les personnels sont en grève depuis le 12 janvier.

Tôt vendredi matin, plusieurs heures avant l'annonce du projet de méthanier censé compenser la perte de la raffinerie menacée de fermeture, des dizaines de salariés affirmant avoir appris que la direction de Total envisageait de faire charger le sur des navires à destination d'autres raffineries, ont bloqué des cuves contenant 500.000 tonnes de pétrole brut. Ils ont démonté des composants électroniques indispensables au fonctionnement des pompes qui servent à extraire le contenu des cuves.

Une partie des composants électroniques sera remise aux services de l'Etat, une autre à la région et une troisième à la communauté urbaine de Dunkerque, sachant que tout le matériel est nécessaire pour faire redémarrer les pompes, a expliqué Marcel Croquefer, secrétaire du pôle chimie CGT.

Les propositions pour l'avenir de la raffinerie des Flandres doivent être annoncées lundi lors d'un comité central d'entreprise (CCE). La direction envisage une fermeture du site qui emploie 380 salariés, plus 400 personnes chez les sous-traitants.

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