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Pourquoi le droit de veto à l'ONU est la nouvelle pomme de discorde entre le PS et les Verts

Après le nucléaire, l'accord entre les deux partis achoppe sur ce point. François Hollande a assuré que le droit de veto ne serait pas remis en cause et qu'il n'appliquerait que les "mesures essentielles" de l'accord avec les Verts. L'écologiste Jean-Vincent Placé a aussitôt appelé le candidat socialiste à la présidentielle à "rectifier le tir".

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France Télévisions
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Une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, le 26 septembre 2011, à New York (Etats-Unis). (SHANNON STAPLETON / REUTERS)

Après le nucléaire, l'accord passé entre écologistes et socialistes en vue de la présidentielle avance sur un nouveau terrain miné : la réforme de l'ONU. Pourquoi les deux partis s'écharpent-ils sur ce dossier ?  FTVi fait le point sur la polémique. 

• Parce que cette réforme est épineuse  

Le PS et Europe Ecologie-Les Verts (EELV) préconisent la mise en place d'un "siège européen" au Conseil de sécurité et la "suppression du droit de veto" dont disposent cinq membres du Conseil (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni). 

Aujourd'hui, ces cinq pays disposent d'un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU, assorti d'un droit de veto. Les dix autres sièges, tournants et répartis sur les cinq continents, sont occupés à tour de rôle par les autres membres des Nations unies, élus pour deux ans. Ils ne sont pas assortis d'un droit de veto.

Ce système, mis en place au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, est considéré comme obsolète et injuste par un certain nombre d'observateurs, car il donne un poids beaucoup plus important aux cinq membres permanents qu'aux autres. Mais il permet aussi aux grandes puissances de se faire mutuellement contrepoids lors de graves crises internationales.

• Parce que la majorité a trouvé un angle d'attaque

Après le nucléaire, l'exécutif a trouvé un autre argument pour dénoncer l'"irresponsabilité" de la gauche dans ses propositions. Interviewé sur France Info, Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, a dénoncé des "propositions irréfléchies".

Le droit de veto a, selon lui, "une valeur dissuasive". Pour le chef de la diplomatie, sans droit de veto la France n'aurait pas agi comme elle l'a fait en Irak, en Libye, en Côte d'Ivoire ou au Proche-Orient. Alain Juppé a également souligné qu'il n'y a "pas, sur toutes ces questions, d'unité européenne (…) donc le siège européen, à ce stade, n'a pas de sens".

Alain Juppé a cependant accepté l'idée d'une réforme du Conseil de sécurité "parce qu'il n'est pas à l'image du monde d'aujourd'hui", ajoutant que "la France a proposé de l'élargir et non de le rétrécir". Il espère que le prochain voyage de François Hollande à New York lui permettra de "clarifier la position du Parti socialiste".

Parce que François Hollande a pris ses distances avec cet accord

Le candidat à la présidentielle du PS n'a pas attendu son voyage à New York pour clarifier sa position à lui. Interrogé lundi 28 novembre sur BFM TV, il a pris ses distances avec cet accord en indiquant qu'il n'était pas "le candidat d'un parti" et qu'il retiendrait donc seulement les mesures à ses yeux "les plus essentielles".

Concernant la partie sur l'ONU, il a assuré que s'il était élu, il n'y aurait pas "de remise en cause unilatérale du droit de veto"

Francetv info

Des déclarations qui ont provoqué les foudres des écologistes. Le sénateur EELV Jean-Vincent Placé, un des négociateurs de l'accord avec le PS, a estimé, également sur BFM TV, que François Hollande avait "intérêt à rectifier le tir". "Ce n'est pas parce que l'on a la confiance des Françaises et des Français un jour tous les cinq ans que l'on a raison sur tout", a-t-il déclaré.

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