Statut de résident, co-officialité de la langue corse... Ce qu'il faut retenir du discours d'Emmanuel Macron à Bastia

S'il s'est montré "favorable à ce que la Corse soit mentionnée dans la Constitution", le chef de l'Etat a rejeté les autres revendications des élus nationalistes.

Emmanuel Macron prononce son discours au centre culturel de Bastia (Corse), le 7 février 2018. 
Emmanuel Macron prononce son discours au centre culturel de Bastia (Corse), le 7 février 2018.  (LUDOVIC MARIN / AFP)

Un discours fleuve qui était très attendu en Corse. Devant les élus locaux réunis à Bastia, Emmanuel Macron a dévoilé, mercredi 7 février, sa stratégie pour l'avenir de l'île de Beauté. Statut de résident, co-officialité de la langue, inscription dans la Constitution, fiscalité... Les nationalistes corses, qui occupent les principaux postes de pouvoir de l'île, ont de nombreuses revendications. Voici ce qu'il faut retenir des réponses d'Emmanuel Macron sur ces dossiers.

Oui à la Corse mentionnée dans la Constitution

C'était l'une des principales revendications des nationalistes et le président de la République s'est dit "favorable à ce que la Corse soit mentionnée dans la Constitution".

Ce serait "une manière de reconnaître son identité et de l'ancrer dans la République", a affirmé Emmanuel Macron, en appelant les élus insulaires à débattre de ce projet "dans le mois qui vient", avant sa discussion au printemps dans le cadre du projet de révision constitutionnelle.

Non à la co-officialité de la langue corse

Autre revendication des élus nationalistes : la co-officialité de la langue corse avec le français, notamment dans les institutions de Corse. Le chef de l'Etat s'est dit contre, estimant que "dans la République française, il y a une langue officielle, le français". En revanche, il a mis en avant le bilinguisme : "Le bilinguisme, ce n'est pas la co-officialité." Et Emmanuel Macron a prévenu qu'il n'accepterait "jamais de réserver à celui qui parle corse tel ou tel emploi".

Non au statut de résident 

Emmanuel Macron a estimé que "la mise en œuvre d'un statut de résident" en Corse, une exigence des élus nationalistes, n'était "pas la bonne réponse" aux problèmes immobiliers sur l'île. "Aujourd'hui, quand les prix montent et que les terrains sont vendus, ce sont rarement des gens qui ne sont pas corses qui en profitent", a déclaré le chef de l'Etat. En revanche, il s'est engagé à "favoriser la construction de logements" et à "simplifier les règles d'urbanisme", face à des "contraintes parfois exorbitantes" liées à la spécificité géographique de l'île.

Oui à un aménagement de la loi Littoral

Le président Emmanuel Macron a également promis de simplifier la réglementation liée à la loi Littoral en Corse : "La priorité doit porter sur la protection des littoraux et des montagnes. Pour cela, nous mettrons fin aux situations ubuesques." Il a cité des situations d'"application totale" de la loi Littoral et la loi Montagne "parfois sur le même terrain". "Je vous donnerai la possibilité d'adapter ces réglementations pour qu'elles soient plus intelligentes", a assuré Emmanuel Macron, estimant que "c'est cela aussi prendre en compte cette spécificité" corse.

Oui à de nouvelles fiscalités mais...

S'il n'a pas fermé la porte à de nouvelles "des formes de fiscalité locale" développées en Corse, le chef de l'Etat a prévenu qu'elles s'accompagneraient de "baisses de dotation parallèles""Comment souhaiter une autonomie fiscale et en même temps demander encore plus à la solidarité nationale ? Comment vouloir que la ressource fiscale soit affectée à un territoire et demander la solidarité nationale pour la dotation ? Ça n'existe pas", a déclaré Emmanuel Macron.

A propos de la demande des indépendantistes d'une refonte globale du système fiscal dans l'île, le président a annoncé qu'"une liberté pourrait être donnée de mettre en œuvre de nouvelles taxes locales dans le cadre de l'évolution institutionnelle que j'appelle de mes vœux". "Mais là aussi, nous devons collectivement être lucides et je me dois d'être clair : plus il y aura de fiscalité transférée, moins il y aura de dotation", a-t-il insisté. Avant de poursuivre : "Etre autonome, c'est assumer ce choix."