Statut de la Corse : ce n'est "pas encore une victoire, ni pour moi, ni pour le peuple corse", prévient Gilles Simeoni

Le président du conseil exécutif de la collectivité de Corse note cependant l'importance du fait que l'État se dise prêt à rentrer dans une "discussion historique".

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Radio France
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Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de la collectivité de Corse, le 27 juin 2021. (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)

Ce n'est "pas encore une victoire ni pour moi, ni pour le peuple corse", prévient mercredi 16 mars sur franceinfo Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de la collectivité de Corse, après l'interview du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, dans Corse Matin, assurant que l'exécutif se dit prêt à envisager une forme d'autonomie pour la Corse. Une déclaration forte faite à la veille d'une visite de deux jours sur l'île de Beauté et dans un contexte de fortes tensions. De violents heurts opposent en effet les forces de l'ordre à de jeunes militants depuis l'agression du militant indépendantiste Yvan Colonna, le 2 mars dans la prison d'Arles.

Gilles Simeoni estime "important" que "le ministre de l'Intérieur, au nom du Premier ministre, et probablement du président de la République, dise aujourd'hui publiquement que le gouvernement et l'État sont prêts à rentrer dans une discussion historique".

Avec ce processus d'autonomie "les compétences régaliennes" resteraient "du domaine de l'État" tandis que certaines compétences seraient transférées "de plein droit à la collectivité de Corse qui va exercer un véritable pouvoir normatif, de nature législative". Ce "champ de compétences reste à discuter dès lors que le principe sera définitivement validé", affirme Gilles Simeoni. Mais le président du conseil exécutif de la collectivité de Corse cite toutefois "la fiscalité", "la politique de lutte contre la spéculation foncière" ou encore "certaines politiques de développement économique".

"Ce que nous voulons, c'est construire une société corse émancipée, démocratique, responsable dans un nouveau lien de confiance avec l'État et avec la République."

Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de la collectivité de Corse

à franceinfo


Gilles Simeoni estime qu'il existe actuellement "un problème constitutionnel : Le problème fondamental, c'est que tout le monde sait qu'il y a un peuple corse avec sa communauté, sa langue, sa culture, son rapport à sa terre", mais "on n'arrive pas à le dire et à le reconnaître", explique-t-il. Pour le président autonomiste du conseil exécutif de la collectivité de Corse, "il faut qu'on invente un changement juridique et politique qui respecte aussi les principes fondamentaux de la République française".

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