Corse : une élection aux enjeux déterminants

Dimanche 3 décembre, la Corse votera pour le premier tour des élections territoriales. Si les autonomistes l'emportent, une collectivité unique sera créée en lieu et place des deux départements en vigueur à l'heure actuelle. Faudra-t-il y voir un premier pas vers l'indépendance ? 

FRANCE 2

À 50 ans, Gilles Simeoni incarne le rêve d'émancipation d'une partie de la société corse. Le leader nationaliste, ancien avocat d'Ivan Colonna et ancien maire de Bastia (Haute-Corse), espère dans quelques semaines être à la tête de la collectivité unique qui dirigera l'île. C'est le grand favori du scrutin. "Moi, je suis partisan d'un statut d'autonomie pour la Corse avec la capacité de faire la loi dans des domaines comme l'aménagement du territoire, les transports, le foncier, le logement, dans le respect de la Constitution française", explique-t-il.

"On peut être 100% corse et 100% français"

Un discours jugé ambigu et dangereux par le candidat de la droite régionaliste, adversaire de Gilles Simeoni. "C'est ce qu'on appelle la politique des petits pas : d'abord on demande un statut, puis l'autonomie, puis l'autodétermination, puis on arrive à ce qui se passe en Catalogne", assure Jean-Martin Mondoloni. "On peut être 100% corse et 100% français". À Corte (Haute-Corse), ancienne capitale de la Corse indépendante du XVIIIe siècle, la volonté de rupture avec l'État français est bien ancrée, écrite ici et là sur les panneaux et les murs et surtout portée par une partie de la jeunesse. La Corse est aujourd'hui la région la plus pauvre de France, et beaucoup considèrent le scrutin de ce week-end comme crucial pour l'avenir de l'île.

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Gilles Siméoni, le président du Conseil exécutif de Corse
Gilles Siméoni, le président du Conseil exécutif de Corse (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)