Seine-et-Marne : une vidéo montre un sanglier domestiqué se faire abattre par des chasseurs à bout portant

Des images dévoilées mercredi ont fait réagir les internautes et la secrétaire d'Etat chargée de la Biodiversité, Bérangère Abba. Sur les réseaux sociaux, les messages d'indignation se sont multipliés.

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France Télévisions
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Une capture d'écran de "Sur le front", où le journaliste Hugo Clément montre une vidéo d'un chasseur abattant un sanglier domestiqué à Liverdy-en-Brie (Seine-et-Marne). ("SUR LE FRONT" / FRANCE TELEVISIONS)

"Cette vidéo est choquante à plus d'un titre." Des images publiées par le journaliste Hugo Clément ont fait réagir, mercredi 24 février. Filmées dans le cadre du documentaire de France 5 Sur le front, on y voit un sanglier apprivoisé tué à bout portant par un chasseur. La vidéo est commentée par son maître, Alain Martin, propriétaire d'un domaine à Liverdy-en-Brie (Seine-et-Marne). Voici ce que l'on sait de cet "acte gratuit", comme il le dénonce. 

L'animal abattu à bout portant

Les images datent, d'après Hugo Clément, de décembre 2019. Dans le reportage intitulé "Des animaux braconnés dans un parc privé", on voit des chasseurs vêtus d'orange longer la propriété d'Alain Martin. Son sanglier domestiqué, appelé Hercule, les rejoint et marche à leurs côtés. "Ils me l'ont fait sortir du parc", raconte-t-il.

L'un des membres du groupe tente de repousser l'animal. "Et l'un des participants au groupe de chasse prend son fusil et lui tire une balle en pleine tête", décrit le propriétaire du domaine, encore ému devant les images. L'animal roule à terre, mort. On entend l'homme derrière la caméra s'étonner : "C'est des malades, je te jure." 

Le propriétaire dénonce des "actes de barbarie"

"C'est un animal que j'aimais." Dans son témoignage, Alain Martin raconte avoir élevé au biberon le sanglier âgé, lors des faits, de 10 mois. "C'est le seul animal que j'aie vraiment considéré de compagnie. Il me suivait partout", se souvient-il.

"Ça me révolte, il y a pas d'acte de chasse, c'est gratuit", s'énerve Alain Martin. Le propriétaire rapporte plusieurs intrusions sur ses terres depuis "vingt-cinq ans", montrant les grillages de sa propriété coupés. Il évoque aussi d'autres faits similaires : la mort de deux grands cerfs et d'un grand daim. Souvent, d'après lui, les animaux abattus sont laissés sur place. "On tue, on laisse par terre, que ce soit un cerf, une biche...", dépeint-il, dénonçant des "actes de barbarie".

Une plainte déposée

Il a déposé trois plaintes entre décembre 2019 et décembre 2020, d'après La République de Seine-et-Marne. L'une d'elles concerne la mort d'Hercule. "Il y a plein d'infractions à relever : la mise en danger de la vie d'autrui, parce que la balle aurait pu ricocher d'Hercule et tuer l'autre chasseur qui était à côté." Hugo Clément rapporte que l'enquête a été "transmise au parquet, qui doit désormais décider de poursuivre le tireur ou de classer l’affaire".

"Je n'ai rien contre les chasseurs, c'est une passion comme une autre. Mais il devrait y avoir une éthique. J'ai du respect pour eux, alors je demande juste qu'ils me respectent et qu'ils ne s'introduisent pas dans ma propriété", défend Alain Martin auprès du journal local.

"Une cruauté inouïe" dénoncée sur les réseaux sociaux

Les images ont fait réagir les internautes. Sur les réseaux sociaux, les messages d'indignation se sont multipliés. "Une cruauté inouïe", dénonce la Fondation 30 Millions d'amis. "Mais quel genre d'individu faut-il être pour faire cela ?", se demande le député européen David Cormand. "Cette vidéo est choquante à plus d'un titre. Avec [la ministre de la Transition écologique] Barbara Pompili, nous demandons à l'Office français de la biodiversité de lancer immédiatement une enquête", a ajouté la secrétaire d'Etat chargée de la Biodiversité, Bérangère Abba.

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