Infographies Comment ont évolué les accidents de chasse depuis vingt ans ?

Pour la saison 2020-2021, 83 accidents de chasse ont été recensés en France, dont sept mortels. Franceinfo revient en graphiques sur les chiffres à retenir.

Article rédigé par
Miren Garaicoechea - Brice Le Borgne
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Un chasseur au gibier à plume à Elven (Morbihan), le 13 octobre 2019. (ARNAUD LE VU / HANS LUCAS / AFP)

Une randonneuse de 25 ans est morte dans le Cantal, tuée par une balle perdue tirée lors d'une battue, samedi 19 février. Une chasseuse de 17 ans est soupçonnée d'être l'autrice du tir. Cet accident met de nouveau en lumière les risques liés à la pratique de la chasse, deuxième sport français après le football (1,1 million de détenteurs du permis). Franceinfo a analysé les chiffres des vingt dernières années.

Des accidents divisés par près de trois en vingt ans

Pour la saison 2020-2021, 83 accidents de chasse ont été recensés par l'Office français de la biodiversité (OFB) dans son bilan annuel. Les chasseurs sont les principales victimes de ces accidents (86%). Une victime sur sept n'est donc pas chasseur ou chasseuse.

Depuis vingt-deux ans, le nombre d'accidents de chasse a été divisé par 2,8, passant de 232 accidents en 1999-2000 à 83 en 2020-2021. Ce niveau historiquement bas est à analyser en prenant en compte le contexte d'une saison de chasse tronquée. En effet, pendant le confinement dû à l'épidémie de Covid-19, entre fin octobre et mi-décembre 2020, la chasse n'a été que partiellement autorisée pour la "prévention des dégâts" aux cultures agricoles, précisait Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs, à franceinfo fin 2020.

Des accidents causés par le non-respect des règles de base

Sur la saison 2020-2021, la chasse du grand gibier (cerf, chevreuil, sanglier…) est toujours celle qui entraîne le plus d'accidents : 59%, contre 41% pour le petit gibier (faisan, lapin, perdrix, marmotte…). Les auto-accidents restent au même niveau, avec 29% des faits recensés. 

Les accidents sont principalement dus au non-respect des règles de sécurité. Parmi les erreurs les plus fréquentes figure l'angle de tir : "On ne tire pas dans les 30 degrés", martèle le site de la Fédération. Explications : "Le chasseur ne doit pas tirer dans la traque (...) mais seulement lorsque le gibier aura sauté l'allée, au-delà d'un angle de 30 degrés qui garantit la sécurité des voisins. Pour matérialiser un angle de 30 degrés vers la droite, le chasseur effectue cinq pas vers la droite puis trois pas perpendiculairement et la même chose côté gauche. A la fin du troisième pas, il plante un repère (bâton ou autre). Le gibier sortant de l'enceinte traquée ne pourra être épaulé et tiré qu'après avoir franchi l'angle des 30 degrés." 

Les erreurs de manipulation ou les tirs sans prendre en compte l'environnement sont d'autres circonstances des accidents de chasse. Les "tirs en direction des routes ou habitations qui sont à l'origine d'accidents, mais également d'incidents (pas de victimes physiques) restent encore trop nombreux", note l'OFB. Plus rares sont les accidents causés par ricochets (trois) ou par un canon obstrué (un).

Cinq fois moins de morts en vingt ans

En 2020-2021, sept accidents ont été mortels, dont trois relevaient d'un tir d'un chasseur sur lui-même. C'est cinq fois moins qu'en 1999, où 39 personnes sont décédées. 

Outre la baisse mécanique du volume de chasse lors de la pandémie de Covid-19, selon l'OFB, cette baisse notable des accidents et des accidents mortels est due à "l'évolution du permis de chasser, des formations, des actions de sensibilisation et de la réglementation". En effet, depuis 2003 seulement, les exercices pratiques sont obligatoires dans la formation du chasseur nécessaire à l'obtention du permis, précise la Fédération. Selon cette dernière, la formation et la sensibilisation se font notamment sur la règle des 30 degrés pour le tir, l'interdiction des tirs en chasse collective à plus de 50 mètres ou encore la distance de 150 mètres autour des maisons.

Depuis la réforme de 2019, de nouvelles sanctions administratives sont en vigueur en cas de non-respect des règles de sécurité, comme la suspension administrative du permis de chasser.

Des incidents de chasse en augmentation

Le nombre d'incidents, qui concernent des dommages matériels ou sur animaux, est supérieur au nombre d'accidents, qui concernent les humains. Ainsi, en 2020-2021, l'OFB recense 92 incidents, soit 15 de moins que l'année précédente. Mais sur le long terme, "les incidents restent très préoccupants et nécessitent une réelle prise de conscience". En effet, en 2020-2021, il y a eu 13 incidents de plus qu'il y a dix ans.

Parmi ces 92 signalements, plus de la moitié (52) étaient des tirs vers des habitations, 26 vers des véhicules et 16 sur des animaux domestiques. Dans son rapport détaillé, l'OFB souligne qu'il s'agit de "conséquences d'un tir sans identification"

Parmi les incidents recensés dans le bilan de l'OFB, une vitre de maison cassée à 980 mètres de distance, lors d'une chasse au sanglier, des impacts dans un mur de salon, dans une chambre ou dans une écurie.

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