"C'est insupportable" : la lettre d'adieu de l'ex-maire de Tours Jean Germain

Le sénateur socialiste a laissé deux lettres, l'une à son domicile, l'autre dans sa voiture, avant sa mort, mardi. Son avocat a lu l'une d'entre elles. 

Le sénateur-maire PS de Tours, Jean Germain, le 31 août 2013, lors de l\'inauguration de la première ligne de tramway de Tours (Indre-et-Loire).
Le sénateur-maire PS de Tours, Jean Germain, le 31 août 2013, lors de l'inauguration de la première ligne de tramway de Tours (Indre-et-Loire). ( MAXPPP)

Avant sa mort, l'ex-maire de Tours et sénateur socialiste Jean Germain a laissé deux lettres d'adieu, l'une à son domicile, l'autre dans son véhicule. Son avocat Dominique Tricaud, bouleversé par la disparition de son client, qui devait comparaître à partir de mardi 7 avril dans le cadre de l'affaire des "mariages chinois", a lu celle retrouvée dans la voiture de l'élu. La Nouvelle République a enregistré cette lecture

>> Suivez notre direct sur les circonstances de la mort de Jean Germain au premier jour de son procès 

Voici la lettre en intégralité : 

"Des indications me laissent penser que, alors que les délits n'ont pas eu lieu, le ministère public va requérir à mon encontre, pour des raisons plutôt politiques. C'est insupportable. Autant je peux reconnaître des erreurs, des manques de discernement, autant il m'est impossible d'accepter sans broncher cette forfaiture rendue possible par les actions de madame Han [ex-conseillère du maire de Tours impliquée dans l'affaire des "mariages chinois"] et les mensonges peureux de monsieur Lemarchand [directeur général de l'Office de tourisme de la ville]. Leur conscience les poursuivra. 

Je sais le mal que je vais faire, la peine que je vais diffuser à tous ceux qui m'aiment. Mais on ne peut laisser la chasse systématique aux politiques se dérouler normalement, quotidiennement. Il est des êtres, j'en suis sûr, pour lesquels l'injustice et le déshonneur sont insupportables. Soyez sûrs que je n'ai jamais détourné un centime, que je ne me suis pas enrichi, que j'ai toujours œuvré pour ce que je pensais être le bonheur des Tourangeaux. Je laisse ce courrier à mes proches, qui, je l'espère, pourront comme ça comprendre."