Cécile Duflot contredit à nouveau l'un de ses collègues du gouvernement

La ministre du Logement n'a de cesse, depuis sa prise de fonction, de marquer ses divergences de vue avec ses collègues.

La ministre du Logement, Cécile Duflot, le 5 septembre 2012 à Paris.
La ministre du Logement, Cécile Duflot, le 5 septembre 2012 à Paris. (CITIZENSIDE / AFP)

POLITIQUE - Mardi 18 septembre, elle s'est opposée à son collègue de l'Intérieur, Manuel Valls, sur le droit de vote des étrangers. "J'ai une muselière qui permet un petit peu de l'ouvrir !" La phrase lancée par Cécile Duflot à la fin du mois d'août résume bien l'attitude adoptée par l'ancienne secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts depuis sa prise de fonction au ministère du Logement. L'écologiste est connue pour son franc-parler. Résumé de cette série d'épisodes.

1Le droit de vote des étrangers, 18 septembre

Cécile Duflot répond à Manuel Valls, réservé sur la question du droit de vote des étrangers. Le ministre de l'Intérieur juge que ce n'est ni "une revendication forte" de la société, ni un "élément puissant d'intégration". La ministre du Logement réplique : "Ça fait quelques années que c'est une revendication forte et un élément puissant d'intégration."

"C'est une nécessité, c'est une promesse du président de la République, ce sera fait l'année prochaine", assure-t-elle sur France Inter, martelant : "Le président de la République a dit que ce serait en 2013, ce sera en 2013", pour application en 2014", lors des prochaines municipales. L'entourage du chef de l'Etat assure que "l'engagement sera tenu". Une manière de clore la polémique.

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2Le nucléaire, 27 août

La ministre écologiste réagit à la déclaration polémique du ministre du Redressement productif, selon lequel "le nucléaire est une filière d'avenir". Elle ne cite pas une seule fois le nom d'Arnaud Montebourg et vise le chef de l'Etat, le rappelant à une de ses promesses de campagne : "Les engagements du président de la République valent pour tout le monde", déclare Duflot.

Cet engagement, c'est "la réduction de la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75% à 50% à l'horizon 2025". Une promesse au cœur de l'accord autour duquel la coalition gouvernementale s'est bâtie. "Cet accord sera tenu", ajoute Cécile Duflot, catégorique. 

3La muselière, 23 août

Cécile Duflot participe aux journées d'été d'Europe Ecologie-Les Verts, à Poitiers. La désormais ex-secrétaire nationale est très attendue sur la liberté de parole d'un ministre écologiste au sein d'une majorité socialiste. Cécile Duflot s'amuse et explique : "Lorsqu'on est secrétaire générale d'un parti, on porte un licol, on est bordée par le parti. Depuis trois mois, on m'a rajouté une muselière."

"J'ai une muselière qui permet un petit peu de l'ouvrir !", poursuit la ministre citée par Le Figaro, confirmant que "l'ancienne Cécile Duflot est toujours-là". Elle rappelle alors la déclaration de Jean-Pierre Chevènement selon laquelle "un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne", pour s'en détacher immédiatement : "C'est complètement faux", tranche-t-elle. "Il faut être dans la mesure mais il n'y a aucune raison de s'aligner."

4Le cannabis, 5 juin

Cécile Duflot défend la dépénalisation du cannabis. Désormais membre du gouvernement, elle précise néanmoins que ce n'est pas la ministre du Logement qui s'exprime, mais la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts qu'elle est encore à l'époque.

Durant la campagne, François Hollande s'est déclaré opposé à la dépénalisation du cannabis. La question ne figure pas dans les 60 propositions du candidat, qui n'a pas fait sienne la proposition du sénateur-maire PS de Dijon, François Rebsamen, son conseiller pour la sécurité. La sortie de Cécile Duflot provoque néanmoins un tollé à droite, l'UMP criant au "désastre moral", et embarrasse le nouvel exécutif.

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