Des nounours difficiles à avaler à la cantine de Ruffec

Dans la cantine scolaire de Ruffec (Charente), le maire a mis en place un système informatique démarquant les élèves dont les parents sont des bons ou des mauvais payeurs, avec des petits ours de couleur. 

La commune de Ruffec (Charente) affiche à la cantine les noms des familles en retard de paiement.
La commune de Ruffec (Charente) affiche à la cantine les noms des familles en retard de paiement. (IP3 PRESS / MAXPPP)

Crise, rigueur, économies, rentabilité. En cette période de vaches maigres, les collectivités ont pris le réflexe d'intégrer ces notions dans la gestion de leurs affaires. A Ruffec, commune de 5 000 âmes en Charente, le maire, Bernard Charbonneau (divers gauche), a voulu régler le problème des impayés de cantine en rendant publics les noms des élèves dont les parents sont de mauvais payeurs, comme il l'explique au Parisien.

Tout tient sur un écran électronique, placé à l'entrée de la cantine. Chaque enfant y est représenté par un nounours. Si une famille est en règle dans ses paiements, le nounours est vert ; si son compte est presque vide, il passe au bleu ; enfin, si la famille est en retard sur ses paiements, le nounours devient rouge.

Mesure "perverse"

"Il y a stigmatisation des gamins, dénonce Christine Glangetas, secrétaire de l'association de parents d'élèves FCPE. Il y a une question de honte pour ces élèves de primaire, qui n’ont pas forcément envie que leur maîtresse ou les autres écoliers sachent qu’ils ont des problèmes." La mesure est même jugée "perverse" par la pédopsychiatre Gisèle George.

Le maire de Ruffec se défend de vouloir stigmatiser les enfants et reconnaît une certaine maladresse. Il assure même vouloir "modifier le système" pour que tous les nounours aient la même couleur. Mais pour lui, la priorité de la communauté de communes était de "stopper les impayés qui atteignaient 56 000 euros en janvier 2010". Et selon lui, la mesure, bien que contestable, s'avère efficace. L'an dernier, sur 460 enfants, 173 étaient en retard de paiement ; cette année, ils ne sont que 62.

Serge OURYOUX France 3 Poitiers