Cannonball : des bolides lâchés à toute vitesse sur les routes de France

Un cannonball doit traverser la France en partant de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), jeudi 6 septembre. Les autorités attendent de pied ferme cette course clandestine.

Un participant au rallye Gumball, cousin du Cannonball, s\'élance de Covent Garden, dans le centre de Londres, le 26 mai 2011.
Un participant au rallye Gumball, cousin du Cannonball, s'élance de Covent Garden, dans le centre de Londres, le 26 mai 2011. (LEON NEAL / AFP)

SOCIETE – Les gendarmes français sont prêts à faire chauffer leurs radars. Leur cible ? Des dizaines d'automobilistes engagés dans une course un peu spéciale, le Cannonball 2000. Tous se sont élancés de Londres (Royaume-Uni) mercredi 5 septembre. Jeudi, c'est de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) qu'ils partent, pour la seconde étape. Particularité de ces pilotes : ils sont habituellement très riches et ont tendance à préférer la vitesse au Code de la route. 

Plus de 50 véhicules très haut de gamme doivent ainsi participer au rallye, dont une DeLorean DMC 12, une Lamborghini Gallardo, des Bentley ainsi que de nombreuses Ferrari et autres Aston Martin, selon le site spécialisé sportauto.fr. Les organisateurs partagent déjà quelques clichés sur leur compte Twitter.

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Concept né aux Etats-Unis dans les années 1930, le cannonball consiste à relier deux villes en un temps record. Et mise sur un cocktail éculé, à base de belles voitures, d'hôtels de luxe et de discothèques prestigieuses, résumé dans une vidéo de présentation. La compétition n'est pas à la portée de tous. Pour participer, les pilotes doivent débourser 7 000 euros.

Inquiétude des autorités pour les deux étapes françaises

Les fous du volant sont attendus de pied ferme, car si ces compétitions ne sont pas officiellement interdites, elles ne sont pas pour autant autorisées. La gendarmerie va mobiliser plusieurs dizaines d'agents à moto, des radars et un hélicoptère. La cinquième et dernière étape propose aux participants de rallier Paris depuis Milan (Italie).

Mais avant cela, quatre-vingts spécialistes du peloton de sécurité routière sont déjà prévus pour accueillir les participants en Bretagne, où ils s'élancent depuis Saint-Malo, pour la deuxième étape, jeudi 6 septembre. "Les mesures pourront aller jusqu'à des saisies de véhicules en cas de mise en danger de vies humaines", explique la gendarmerie de Bretagne.

En Loire-Atlantique, des CRS motocyclistes seront de sortie, tandis qu'en Vendée, une voiture rapide de gendarmerie (Renault Mégane RS) se tient prête à (tenter de) rattraper les chauffards. La CRS autoroutière est enfin en alerte en Aquitaine, dernière région française traversée avant Barcelone (Espagne), point final de l'étape. Son capitaine redoute les détecteurs de radars, "interdits et bien cachés dans les voitures", ainsi que les éclaireurs des concurrents du rallye, qui leur permettent "d'accélérer et rouler pendant une courte période à grande vitesse".

Le Code de la route ? Quel Code de la route ?

Ces mesures ne doivent rien au hasard. Le Cannonball 2000 est présenté comme un rallye à visée caritative. Les fonds levés permettent à une association, Dreams come true, d'aider des enfants malades. Et officiellement, les pilotes se doivent de respecter le Code de la route.

Mais les faits prouvent le contraire. Pour beaucoup de ces millionnaires, c'est l'occasion d'un périple survitaminé et plein d'adrénaline. Un exemple ? Les participants s'élancent de Saint-Malo à 8 h30 et doivent arriver à Barcelone à 17 heures. Soit une moyenne horaire de 140 km/h pour près de 1 200 km de trajet. Impossible donc de respecter les limites de vitesse.

En 2007, lors du Gumball 3000, deux voitures se heurtent en Macédoine, à une dizaine de kilomètres de la frontière albanaise. Les deux occupants d'un des véhicules sont tués.

Cette autre vidéo, réalisée lors de l'édition 2003 du Cannonball, compile à peu près tout ce qu'il faut éviter de faire au volant. 

En 2009, lors d'un Cannonball de Londres à Saint-Tropez, deux Bugatti Veyron avaient été flashées en Haute-Marne à 194 et 210 km/h. Leurs conducteurs avaient fait l'objet de 750 et 2 250 euros d'amende, avec rétention du permis et interdiction provisoire de rouler sur le sol français. A cette vitesse, encore faut-il pouvoir les rattraper.