Cet article date de plus de huit ans.

Le ministère de la Culture revoit ses ambitions à la baisse

Aurélie Filippetti a annoncé dans "Le Monde", lundi, l'arrêt de plusieurs projets culturels du précédent gouvernement. Principale explication : les restrictions budgétaires.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
La ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, le 25 août 2012 lors de l'université d'été du PS à La Rochelle (Charente-Maritime). (JEAN-PIERRE MULLER / AFP)

POLITIQUE - La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, annonce dans Le Monde paru lundi 10 septembre l'arrêt de plusieurs projets culturels du précédent gouvernement. Le musée de la Photographie à l'Hôtel de Nevers, le Centre d'art pariétal Lascaux 4 et la salle supplémentaire pour la Comédie-Française à la Bastille ne verront pas le jour. D'autres projets devraient être reportés, eux aussi victimes des restrictions budgétaires, comme le détaille FTVi. 

Quels projets sont concernés ?

La ministre cite une dizaine de chantiers revus et corrigés. A commencer par la Maison de l'histoire de France, "dont le principe était contestable, la localisation problématique et le coût excessif", définitivement abandonnée - n'en déplaise à son initiateur, Nicolas Sarkozy. Autre grand projet lié à l'histoire, le Centre d'art pariétal Lascaux 4 : il est arrêté car jugé "non prioritaire", pour une économie de 50 millions d'euros.

Au rayon photo, le musée de la Photographie, annoncé "sans préparation" à Paris, voit sa création "interrompue". Les archives photographiques d'Arles sont remises à plus tard, pour privilégier le déménagement de l'Ecole nationale supérieure de la photographie. Destin à peine meilleur pour le centre des réserves de Cergy, prévu pour "protéger les réserves du Louvre" : il ne naîtra qu'en version minimaliste, pour "répondre à l'urgence patrimoniale".

Sur les planches, la salle supplémentaire de la Comédie-Française, à la Bastille, n'est plus au programme. "D'autres questions se posent, comme la circulation de cette troupe, qui est celle de tous les Français", précise Aurélie Filippetti. Pêle-mêle, les ambitions sont aussi revues à la baisse pour la "Villa Médicis" de Clichy-Montfermeil, les schémas directeurs de grands établissements comme le Grand Palais ou Versailles. Quant au futur Centre national de la musique voulu par Nicolas Sarkozy, il est abandonné.

Pourquoi sont-ils interrompus ?

Par souci d'économies, bien sûr. Les projets pointés du doigt par Aurélie Filippetti ont pour point commun d'avoir été "annoncés avec légèreté et, pour l'essentiel, non budgétés par l'équipe Sarkozy", pour un total qui "dépasse le milliard d'euros". La ministre de la Culture reconnaît que l'"on traverse une crise économique d'une gravité inouïe", mais refuse de confirmer "avant la fin des arbitrages" la baisse de son budget, qui pourrait s'élever à 3%. 

Tout en annonçant l'arrêt de ces projets, la ministre rejette l'étiquette souvent attribuée à ce "ministère jugé dispendieux par nature (…) ou inutile, et que l'on peut sacrifier en période de crise".

Que reste-t-il de la culture ?

"Il n'y aura pas de redressement productif sans redressement créatif", scande la ministre, qui se vante d'avoir sauvé d'autres projets. "Les grands chantiers véritablement lancés ou qui arrivent à maturation, comme la Philharmonie, le Mucem [musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, à Marseille], les Archives nationales à Pierrefitte ou le Musée Picasso seront achevés dans le rythme prévu", rassure-t-elle.

Autres rescapés, "des mécanismes de l'exception culturelle, comme le Fonds de soutien pour le cinéma français", le taux de la TVA sur le livre à 5,5% et l'enveloppe du spectacle vivant et des arts plastiques pour 2012 et 2013. Des coupes budgétaires dans la formation et l'enseignement ont été évitées et "il y a aura même des créations de postes dans les écoles qui dépendent du ministère de la Culture".

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers France

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.