56 départements métropolitains sont désormais concernés par des mesures restreignant certains usages de l'eau

C'est ce qu'indique le ministère de l'Ecologie au sujet de la sécheresse qui sévit depuis avril.Il y a un peu plus d'une semaine, le ministère faisait état de 42 départements (sur les 96 de métropole) concernés par au moins un arrêté préfectoral de restriction. 21 départements sont classés en niveau 3, touchées par les mesures les plus fortes.

Un champ de blé touché par la sécheresse, à Samatan (Gers), le 25 mai 2011
Un champ de blé touché par la sécheresse, à Samatan (Gers), le 25 mai 2011 (AFP / Pascal Pavani)

C'est ce qu'indique le ministère de l'Ecologie au sujet de la sécheresse qui sévit depuis avril.

Il y a un peu plus d'une semaine, le ministère faisait état de 42 départements (sur les 96 de métropole) concernés par au moins un arrêté préfectoral de restriction. 21 départements sont classés en niveau 3, touchées par les mesures les plus fortes.

Les restrictions d'eau limitent les usages jugés non prioritaires pour les particuliers (arrosage, lavage de voitures, remplissage des piscines) et peuvent aussi encadrer l'irrigation agricole.

Seuls l'extrémité de la Bretagne, la frange Est du pays, le Massif central et les rivages méditerranéens échappent pour le moment aux mesures de restriction. Quatre départements sont par ailleurs placés en situation de vigilance, a précisé vendredi le ministère de l'Ecologie sur son site internet.

La sécheresse qui sévit en France serait plus grave "encore qu'en 76", a estimé le syndicat agricole FNSEA, qui a réclamé vendredi une aide de l'Etat pour les éleveurs, tout en écartant un nouvel impôt sécheresse comme celui qui avait été décidé lors de la canicule de l'été 1976.

Selon un bilan de Météo France établi au 16 mai, "les quantités d'eau recueillies en France depuis le début du printemps météorologique (mars, avril, mai) sont sensiblement inférieures à celles recueillies au cours du printemps 1976, printemps le plus sec depuis 1959".

"S'il y a une quinzaine de jours on pouvait estimer qu'on était dans une situation type 76, nous pensons qu'aujourdhui que la situation (...) est sans doute plus grave encore qu'en 76", a déclaré vendredi à des journalistes le président de la FNSEA, Xavier Beulin. "Le fait particulier, c'est que (...) cette sécheresse couvre une grande partie du territoire", a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire doit réunir fin juin le Fonds national de garantie des calamités agricoles, doté d'une centaine de millions d'euros, afin de soutenir la trésorerie des exploitants.

Les exploitants craignent que la sécheresse, qui entraîne de faibles récoltes, ne contribue à maintenir des cours élevés sur les marchés céréaliers. Les éleveurs redoutent de leur côté un manque d'approvisionnement en paille pour les animaux. Ils sont autorisés à utiliser exceptionnellement toutes les jachères depuis la mi-mai.

Le département de l'Eure a décidé d'autoriser les éleveurs touchés par la sécheresse à faucher des accotements de routes départementales et à récupérer l'herbe pour nourrir leurs animaux.

De son côté, la préfecture du Maine-et-Loire a indiqué avoir autorisé le fauchage anticipé de zones classées Natura 2000 et abritant des oiseaux nicheurs.

Tensions sur l'électricité: une "cellule de veille"
Le gouvernement vient d'annoncer la création d'une "cellule de veille" sur l'approvisionnement en électricité, alors que la sécheresse a d'ores et déjà fait chuter la production des barrages hydrauliques et qu'elle menace celle des centrales nucléaires. "Cette cellule rassemble les administrations compétentes en matière d'énergie ainsi que RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité", a indiqué le ministère de l'Energie dans un communiqué.