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14-Juillet : le Japon et Singapour à l'honneur pour "mettre en valeur l'Asie, qui devient théâtre majeur des relations internationales"

Sophie Boisseau du Rocher, chercheuse au Centre Asie de l'Institut français des relations internationales, revient sur franceinfo sur l'invitation par l'Elysée du Premier ministre singapourien Lee Hsien Loong et le ministre des Affaires étrangères japonais Taro Kono au défilé du 14-Juillet.

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Radio France
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Emmanuel Macron en conversation avec le Premier ministre de Singapour, le 14 juillet 2018. (ERIC FEFERBERG / AFP)

L'Asie est à l'honneur du défilé du 14-Jjuillet. Après le président américain Donald Trump en 2017, le Premier ministre singapourien Lee Hsien Loong et le ministre des Affaires étrangères japonais Taro Kono sont les invités d'honneur d'Emmanuel Macron. Les drapeaux des deux pays asiatiques ont ouvert le défilé, escortés par sept soldats japonais et sept soldats singapouriens. "Le président Macron a choisi de mettre en valeur l'Asie, qui devient un théâtre majeur des relations internationales et qui ne se limite pas à la Chine et à sa puissance prééminente", a commenté sur franceinfo Sophie Boisseau du Rocher, chercheuse au Centre Asie de l'Institut français des relations internationales.

franceinfo. Pourquoi cette mise en avant du continent asiatique ?

Sophie Boisseau du Rocher. Le président Macron a choisi de mettre en valeur l'Asie, qui devient un théâtre majeur des relations internationales et qui ne se limite pas à la Chine et à sa puissance prééminente. Il a choisi le pays principal du Nord-Est, le Japon et en Asie du Sud-Est, une puissance en devenir, Singapour. Le Japon est un allié de la France ou plus précisément un partenaire privilégié. Les deux pays sont liés par un partenariat d'exception mis en place sous la présidence Hollande, pour promouvoir non seulement la sécurité mais aussi la croissance, l'innovation et la culture.

Comment se concrétise le dialogue politico-militaire entre la France et le Japon ?

Cela a commencé avec un dialogue stratégique en 2012, puis un dialogue politico-militaire depuis 2014. Cela signifie que les ministres des Affaires étrangères et les ministres de la Défense des deux pays, le "2+2", se réunissent tous les ans. Il y a également un accord gouvernemental relatif au transfert d'équipements et de technologies de défense depuis décembre 2016, ce qui fait que la France devient un partenaire privilégié du Japon en termes de sécurité.

Pourquoi Singapour est-il l'un des principaux partenaires de l'armée de l'air française ?

Il y a en effet des liens importants avec Paris. Par exemple, des pilotes de chasse singapouriens sont formés depuis vingt ans sur la base de Cazaux, dans le Sud-Ouest. C'est un détachement qui tend à s'amplifier : il y avait cent militaires au début, contre 250 aujourd'hui, ce qui fait 450 personnes en comptant leurs familles. Tous les pilotes de chasse singapouriens accomplissent au cours de leur carrière un perfectionnement de huit mois sur la base de Cazaux. Cela tient tout d'abord à une raison territoriale et à la qualité de cité-Etat de Singapour : pour entraîner des pilotes de chasse, il fallait un détachement à l'extérieur, dans d'autres pays. Il y a également une convergence en matière de doctrines de défense, insistant sur la souveraineté nationale, sur l'autonomie. Enfin, la qualité des pilotes et des équipements français est une valeur ajoutée très appréciée des Singapouriens. Il existe aussi une coopération renforcée en matière de recherche et développement. Lors du dernier Singapore Air Show, en février 2018, plus de quarante entreprises françaises ont présenté leur savoir-faire. 10% des emplois aéronautiques à Singapour sont aujourd'hui assurés par des entreprises françaises. La cité-Etat cherche à s'imposer comme un hub de tout premier plan en Asie, et la France aimerait bénéficier de ce rayonnement.

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