Yvelines : seize ans de réclusion pour l'abbé intégriste reconnu coupable de viols

L'abbé Christophe Roisnel comparaissait pour "viols" et "viols avec actes de barbarie", pour des actes commis en 2010 sur trois femmes.

Le palais de justice de Versailles (Yvelines), le 5 février 2016.
Le palais de justice de Versailles (Yvelines), le 5 février 2016. (MAXPPP)

L'abbé intégriste qui comparaissait depuis mardi devant la cour d'assises des Yvelines pour "viols" et "viols avec actes de barbarie" sur trois enseignantes a été condamné à 16 ans de réclusion criminelle, vendredi 5 mai, après plus de quatre heures de délibérations.

La cour, qui a suivi les réquisitions du ministère public, a assorti cette peine d'une injonction de soins durant six ans. L'abbé Christophe Roisnel n'a cependant été condamné que pour les viols et non pour les actes de barbarie dont l'accusait l'une de ses victimes. Le religieux de 43 ans sera par ailleurs inscrit au fichier des auteurs d'infractions sexuelles.

Un procès à huis clos

Le religieux a été mis en examen et écroué en avril 2014 pour des actes commis en 2010 au sein notamment de l'école Notre-Dame de la Sablonnière à Goussonville (Yvelines), un établissement proche de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, mouvement traditionaliste lefebvriste en rupture avec l'Eglise catholique, détaille France Bleu Cotentin. D'autres faits s'étaient déroulés à Villette (Yvelines), ainsi qu'au domicile de ses parents, à Saint-Quentin-sur-le-Homme (Manche).

Les victimes l'accusent d'avoir usé de son ascendant psychologique sur elles pour parvenir à ses fins. Son mode opératoire : évoquer avec elles des agressions sexuelles, réelles ou inventées, que celles-ci auraient subies par le passé, pour les convaincre de la nécessité d'une "thérapie". Il leur faisait alors revivre ces épisodes traumatiques pour, disait-il, qu'elles puissent les dépasser.

L'accusé a contesté pendant tout le procès les faits qui lui étaient reprochés, estimant que les relations étaient consenties, a indiqué son avocat, Jérôme Triomphe, qui a plaidé l'acquittement. Si le religieux ne fait pas appel, un nouveau procès canonique devrait avoir lieu dans les mois qui viennent : l'abbé pourrait alors être "réduit à l'état laïc" par sa hiérarchie.