Violences à Ajaccio : le préfet de Corse interdit les manifestations

Après de nouvelles manifestations samedi à Ajaccio, le préfet de Corse prend un arrêté pour les interdire jusqu'au 4 janvier dans le quartier des Jardins de l'empereur. Vendredi, un rassemblement a dégénéré vers la mise à sac d'une salle de prière musulmane, après l'agression de deux pompiers et d'un policier jeudi soir.

(Christophe Mirmand, préfet de Corse © Radio France/Mathilde Lemaire)

Le préfet de Corse, Christophe Mirmand, a publié un arrêté préfectoral pour interdire les manifestations dans le quartier des Jardins de l'empereur, quartier sensible d'Ajaccio, jusqu'au 4 janvier. Il avait déjà reçu des représentants des manifestants samedi pour leur demander de ne plus organiser de rassemblements. Les manifestants dénoncent l'agression de deux pompiers et un policier vendredi soir, dans ce même quartier. 

"J'ai reçu une délégation pour leur demander de cesser ces mouvements et cette démonstration qui donne un image désastreuse de la Corse ", a déclaré le préfet au cours d'un point presse à l'issue d'une rencontre avec des manifestants qui se sont dit satisfaits des engagements du représentant de l'Etat.

"Arabi Fora ! Les Arabes dehors..."

"On est chez nous" : manifestation et propos xénophobes samedi à Ajaccio. Le reportage de Mathilde Lemaire
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Pendant cinq heures samedi après-midi, plusieurs centaines de personnes ont défilé de quartiers en quartiers dans les rues d'Ajaccio. Le cortège, composé de femmes, d'hommes, de jeunes et de moins jeunes, a achevé sa marche devant la préfecture, cours Napoléon. Les drapeaux corses flottaient au vent, les klaxons des scooters accompagnaient la manifestation, tout comme ces slogans "On est chez nous ", et à voix plus basse "Arabi Fora ! ", comprendre : "Les Arabes dehors".

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Quelques CRS étaient présents au début du mouvement mais ils ont rapidement disparu. La situation a failli déraper lorsqu'un projectile a été lancé d'un balcon. Une porte d'immeuble a été cassée, mais pas de débordements similaires à ceux de vendredi, lorsqu'une salle de prière musulmane a été saccagée.