Vaucluse : un détenu appelle les pompiers depuis sa cellule et dit avoir été frappé par des surveillants, la direction dément

L'homme est détenu au centre pénitentiaire d'Avignon-Le Pontet. Les faits remontent au 13 juillet.

Le centre de détention d\'Avignon-Le Pontet (Vaucluse), où un prisonnier affirme avoir été passé à tabac par trois surveillants le 13 juillet 2017.
Le centre de détention d'Avignon-Le Pontet (Vaucluse), où un prisonnier affirme avoir été passé à tabac par trois surveillants le 13 juillet 2017. (GOOGLE MAPS)

Un détenu du centre pénitentiaire d'Avignon-Le Pontet (Vaucluse) a été hospitalisé après avoir prévenu les pompiers par téléphone depuis sa cellule, raconte La Provence, mardi 1er août. Il affirme avoir été passé à tabac par trois surveillants, après un retour de permission. Contactés par franceinfo, la direction de l'établissement et un syndicat réfutent la version de l'avocat du détenu.

Les faits remontent au 13 juillet au soir. Lors d'une permission de sortie, cet Avignonnais de 31 ans détenu pour des délits routiers rend visite à son frère hospitalisé. A son retour, les surveillants auraient découvert sur lui une boulette de résine de cannabis, selon La Provence. A ce moment, les avis divergent. "C'était beaucoup plus qu'une boulette", pour Anthony Prevost, secrétaire local du syndicat Ufap-Unsa, qui a recueilli le témoignage de ses collègues. "Cela dépassait de ses muscles fessiers", ajoute-t-il.

"L'incident, qui n'a été suivi d'aucun rapport officiel, a [...] donné lieu à un véritable passage à tabac de ce détenu, qui aurait été roué de coups par trois surveillants", écrit La Provence. Une version que dément la direction. "Aucune blessure n'a été constatée par les personnels pénitentiaires à ce moment-là", assure Magalie Brutinel, la directrice adjointe de la prison, jointe par franceinfo. Le détenu est alors reconduit à sa cellule. 

Trois jours d'ITT

Alors que la possession d'un téléphone est interdite en prison, le détenu se serait alors procuré un portable pour réclamer des soins aux pompiers. Après avoir contacté l'administration pénitentiaire, les secours ont conduit le prisonnier à l'infirmerie de la prison. Là, l'homme aurait patienté durant deux heures sans soin. "Il n'a passé que trois quarts d'heure maximum à cet endroit", affirme de son côté Anthony Prevost. Finalement transporté à l'hôpital, le prisonnier s'est vu diagnostiquer un hématome de l'avant-bras, une ecchymose au niveau de l'oreille droite, une contusion costale et un arrachement osseux au niveau de l'épaule. Il s'est vu notifier trois jours d'incapacité totale de travail (ITT), selon La Provence.

Pour le syndicaliste, ces blessures seraient consécutives à son refus d'obtempérer pendant la fouille. "Le personnel a respecté les procédures, assure Anthony Prevost. La fouille est obligatoire à chaque retour de l'extérieur. Le détenu a refusé la fouille et le personnel a dû faire usage de la force de manière stricte et nécessaire."

Le quotidien régional indique que le détenu serait régulièrement menacé depuis cette agression. Son avocat a déposé plainte auprès du procureur de la République du tribunal de grande instance d'Avignon.