Une élue départementale LREM séquestrée deux jours en vue d'un mariage forcé

Mounia Haddad "est inquiète et elle a peur pour sa sécurité", affirme jeudi à franceinfo son avocat.

Mounia Haddad, le 2 avril 2015 à Tours.
Mounia Haddad, le 2 avril 2015 à Tours. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Mounia Haddad, conseillère départementale La République en marche d'Indre-et-Loire, a été séquestrée les 18 et 19 juillet derniers par sa famille, en vue d'un mariage forcé, a appris franceinfo jeudi 26 juillet. Quatre personnes doivent comparaître devant la justice le 2 août prochain.

"Elle est inquiète et elle a peur pour sa sécurité", affirme maître Abed Bendjador fils, son avocat. La jeune femme de 29 ans craint "ce qui pourrait advenir de l'audience", assure-t-il. "Ma cliente va mal. Elle est très triste de la situation dans laquelle elle se trouve." Elle s'est constituée partie civile, mais hésite encore à aller affronter sa famille au procès. La conseillère départementale "tient à ses responsabilités et elle n'a jamais envisagé d'y mettre un terme", souligne également maître Abed Bendjador fils.

Embarquée de force

Mounia Haddad a raconté avoir été enlevée mi-juillet devant le domicile de son fiancé dans les Alpes-Maritimes, par son père et deux oncles. Elle affirme avoir été embarquée de force dans une voiture. Ses parents sont opposés à ce qu'elle épouse son fiancé. Sa famille lui prédestine un parti "plus convenable" à leurs yeux, en Algérie.

Mis en examen pour enlèvement et séquestration et placés sous contrôle judiciaire, le père, le frère et les deux oncles de la jeune femme risquent de trois à cinq ans de prison.