Après avoir tenté d'entrer dans l'Elysée, un directeur de théâtre interné en hôpital psychiatrique

En fonçant avec sa voiture sur les grilles du palais présidentiel, jeudi, il voulait attirer l'attention sur ses difficultés financières.

Attilio Maggiulli, directeur du théâtre de la Comédie italienne, pose, le 5 mai 2003, à Paris.
Attilio Maggiulli, directeur du théâtre de la Comédie italienne, pose, le 5 mai 2003, à Paris. (JOEL SAGET / AFP)

Il voulait protester contre la diminution des subventions. Le directeur de la Comédie italienne, un théâtre parisien (14e arrondissement), a tenté, jeudi 26 décembre, de forcer avec sa voiture les grilles du palais de l'Elysée, à Paris. Il a été placé en garde à vue, avant d'être admis, vendredi, à l'hôpital psychiatrique Sainte-Anne, à Paris, selon le site de RTL. "Les médecins ont estimé que son état de santé mentale n'était pas compatible avec la poursuite de la garde à vue et d'un interrogatoire", précise le site.

Agé de 67 ans, Attilio Maggiulli, de nationalité italienne, s'est présenté jeudi matin au volant de sa voiture devant les grilles de l'Elysée "mais n'est parvenu qu'à taper légèrement les grilles à faible vitesse", selon une source policière. L'entrée en question est celle de la porte du Coq, située à l'arrière des jardins présidentiels, et non la grille principale. 

"Un liquide inflammable aurait été retrouvé à l'intérieur du véhicule, qui serait déclaré volé", précise Le Parisien. Le Point affirme qu'il s'agit d'une bouteille de white spirit. Un périmètre de sécurité a été mis en place devant l'Elysée après l'incident.

Un mannequin Arlequin enflammé

Jeudi, l'homme avait été placé en garde à vue pour "dégradation d'un bien d'utilité publique", "mise en danger de la vie d'autrui" et "violences volontaires avec arme à l'encontre d'une personne dépositaire de l'autorité publique", l'arme étant son véhicule. "Si son objectif était de faire parler de lui, il a plutôt réussi. Mais il risque de le payer", a estimé une source proche de l'enquête.

Le directeur du théâtre avait été interpellé une première fois mercredi après-midi aux abords de l'Elysée après avoir sorti de sa voiture un mannequin Arlequin auquel il avait mis le feu. "Il avait ensuite jeté des tracts sur la voie publique, dans lesquels il dénonçait la diminution des subventions pour son théâtre", a ajouté une source policière. Interpellé, il avait été relâché un peu plus tard, aucune charge n'ayant alors été retenue contre lui.

Le ministère de la Culture veut "lui rappeler les règles"

Ce directeur de théâtre quelque peu atypique n'en est pas à son premier coup d'éclat destiné à attirer l'attention sur ses difficultés financières. Il y a dix ans, il avait déjà fait une grève de la faim pour sauver son théâtre. Ex-assistant à la Comédie-Française, ancien collaborateur du théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine, il avait joué un petit rôle dans le film culte Les bronzés font du ski : "Il jouait Marcello, le joueur italien de mandoline, dans la célèbre scène du refuge d’altitude", rapporte Le Parisien (article payant). 

Son action n'aura a priori pas été vaine puisqu'il pourra être reçu, s'il en fait la demande, par le ministère de la Culture, dans la semaine du lundi 30 décembre. Le ministère a toutefois précisé que ce rendez-vous n'était pas dû à son action, mais "pour lui rappeler les règles et lui prodiguer des conseils utiles sur les démarches qu'il doit mener".