Maniements d'explosifs, entraînements militaires, Jean-Luc Mélenchon visé... Pour la première fois, quatre membres de l'ultradroite seront jugés en juin aux assises des mineurs

Les précédents dossiers ont été jugés ces dernières années par le tribunal correctionnel : il s'agit donc d'une première dans un dossier d'ultradroite.
Article rédigé par Mathilde Lemaire
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
Manifestation de divers groupes d'extrême droite à Paris en hommage a Jeanne d'Arc, le 9 avril 2010. (CHRISTOPHE PETIT TESSON / MAXPPP)

Ce projet était baptisé Waffenkraft : "pouvoir des armes", en allemand. Quatre hommes appartenant à la mouvance néonazie seront jugés en juin par la cour d'assises spéciale des mineurs, soupçonnés d'avoir préparé entre 2017 et 2018 des projets terroristes criminels, a appris ce mercredi franceinfo auprès du parquet national antiterroriste (Pnat), confirmant une information de Politis.

>> Ultradroite : Jean-Luc Mélenchon demande à se porter partie civile pour obtenir des informations sur des projets terroristes visant notamment ses meetings

Il s'agit d'une première dans un dossier d'ultradroite, alors que les précédents ont été jugés ces dernières années par le tribunal correctionnel. Le leader, âgé de 22 ans à l’époque, était gendarme volontaire dans l'Isère. Il était détenteur de kalachnikovs, de munitions, d’explosifs artisanaux avec lesquels lui et ses comparses s’entraînaient en forêt, filmant même leurs exploits. 

"Éliminer Jean-Luc Mélenchon lors d’un meeting"

Les enquêteurs ont découvert dans son ordinateur ces vidéos, ainsi qu'un manifeste de passage à l'acte détaillant comment mener une fusillade ou une attaque au camion-bélier. Parmi les cibles citées : des mosquées et des communautés juives, notamment. Interrogé, un des mis en cause a indiqué au sujet de l'accusé le plus radical qu'il "voulait faire pire que le Bataclan", ou encore "Il évoquait l'idée d'éliminer Jean-Luc Mélenchon lors d’un meeting". L'homme politique, cité comme potentielle cible, ainsi que la Licra demandent à être cités comme partie civile au procès, ont indiqué leurs avocats respectifs à franceinfo jeudi 11 mai.

"Évidemment, nous sommes surpris, détaille son avocate Jade Dousselin. On ne comprend pas pourquoi, dans ces procédures, les gens visés ne sont pas informés d'une part pour leur propre sécurité et puis, d'autre part, parce qu'ils sont en droit de savoir qui a fomenté des attentats, de quelle manière, où en était le niveau de préparation et ont le droit de pouvoir, devant la justice, entendre ceux qui ont attenté à leurs vies. Nous allons faire toutes les démarches pour qu'effectivement, ils puissent se constituer partie civile", a précisé le conseil du fondateur de la France Insoumise.

Un cinquième protagoniste déjà jugé par le tribunal pour enfants

Comme l'un des mis en cause avait 17 ans au moment des faits, ces quatre hommes seront donc jugés en groupe par la cour d'assises des mineurs spéciale à Paris du 19 au 30 juin. Un cinquième protagoniste, âgé de 14 ans au moment des faits et aujourd'hui de 19 ans, a quant à lui déjà été jugé par le tribunal pour enfants de Paris, statuant en matière criminelle.

Neuf attaques attribuées à l'ultradroite ont été déjouées depuis 2017, selon le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin début avril. Une dizaine de procédures en lien avec l'ultradroite ont été ouvertes ces dernières années au pôle antiterroriste de Paris. Plusieurs autres dossiers d'ampleur, comme celui d'un groupuscule baptisé OAS ou celui dit des Barjols, ont été jugés ces dernières années, mais par le tribunal correctionnel de Paris.

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