Tuerie de Bruxelles : le suspect s'attribue l'attentat dans un film

Le procureur de la République de Paris, François Molins, a tenu ce dimanche une conférence de presse pour faire le point sur l'enquête, deux jours après l'arrestation du tueur présumé du Musée juif de Bruxelles. Il a notamment détaillé les nombreuses armes retrouvées sur lui, autant d'"indices concordants", évoquant aussi un film retrouvé dans lequel le suspect s'attribue l'attentat.

(Le procureur de Paris, François Molins, a tenu une conférence de presse ce dimanche © Reuters/Benoit Tessier)

Les enquêteurs ont retrouvé des "indices graves et concordants ". C'est, à ce stade de l'enquête, ce qu'a affirmé ce dimanche, lors d'une conférence de presse, le procureur de la République de Paris François Molins. Ces indices semblent tous indiquer, du point de vue du procureur, que Mehdi Nemmouche, arrêté vendredi à la gare Saint-Charles de Marseille, est bien le tireur qui a abattu trois personnes samedi 24 mai au Musée juif de Bruxelles.

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Arrêté à la descente d'un car revenant de Belgique, le jeune homme de 29 ans, originaire de Roubaix, détenait un véritable arsenal dans son sac. Une kalachnikov, une arme de poing, des centaines de cartouches, un "drap " portant une inscription en arabe au nom du groupe djihadiste de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL)... Ainsi qu'un appareil photo et une caméra portative, "de type GoPro ". C'est dans l'appareil photo qu'a d'ailleurs été retrouvé un film - un "fichier caché " -, montrant les armes censées avoir utilisées, et qui évoque l'attentat. La voix semble être celle de Mehdi Nemmouche, expliquant que la caméra n'aurait pas fonctionné pendant l'attaque menée à Bruxelles.

 

 

François Molins fait le point sur l'enquête après l'arrestation du tueur présumé du Musée juif de Bruxelles
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Radicalisation en prison

François Molins a également détaillé le casier judiciaire fourni de Mehdi Nemmouche, condamné plusieurs fois pour divers délits. Sa plus longue peine, il l'a purgée entre 2007 et 2012. C'est pendant cette période qu'il s'est "radicalisé " au contact de détenus islamistes. Peu après sa libération en décembre 2012, l'homme s'est rendu en Syrie, où il a séjourné pendant "plus d'une année ". En Syrie, ou l'EIIL est très actif.

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Mehdi Nemmouche n'est revenu en Europe qu'au début de l'année 2014, contrôlé en Allemagne en mars et fiché dans la foulée par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Mais pendant son année passée loin d'Europe, notamment en Asie du Sud-Est après la Syrie, il a "brouillé les pistes " selon le procureur, ce qui explique que ses actes n'ont pu être anticipés. Son profil, sans domicile fixe et sans attaches familiales, a également compliqué les choses. L'homme se montre pour l'instant "peu bavard " en garde à vue ; précision de François Molins, "il ne dit rien ".

Interpellations en Belgique

Si le suspect, depuis son séjour en Syrie, semble avoir le profil du "loup solitaire", il pourrait avoir bénéficié de certaines complicités dans la préparation de son attentat au Musée juif de Bruxelles.

Au même moment que son confrère parisien, le procureur fédéral belge Frédéric van Leeuw a indiqué ce dimanche qu'"une intervention a été menée dans la région de Courtrai et deux personnes sont actuellement entendues par la police ". Les enquêteurs cherchent à savoir si ces deux personnes sont impliquées, et si oui, à quel degré. Mais le procureur fédéral a bien insisté : "Ces personnes ne sont pas arrêtées ".

 

 

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Parallèlement, une perquisition a été menée ce dimanche dans l'appartement de la grand-mère de Mehdi Nemmouche, à Tourcoing.