Tourcoing : une hôtesse de caisse affirme avoir été licenciée "pour 85 centimes"

La direction lui reproche d'avoir facturé deux paquets de pâtes au lieu de quatre à une cliente, mais l'employée assure avoir été licenciée pour avoir simplement oublié de scanner un produit à 85 centimes.

Photographie d\'illustration dans les rayons d\'un supermarché de Nice (Alpes-Maritimes), le 14 mars 2016.
Photographie d'illustration dans les rayons d'un supermarché de Nice (Alpes-Maritimes), le 14 mars 2016. (ERIC GAILLARD / REUTERS)

Une employée de caisse du magasin Auchan City de Tourcoing (Nord) affirme avoir été licenciée pour une erreur de 85 centimes, rapporte La Voix du Nord, lundi 1er août. L'affaire remonte au 9 juillet. "Une dame est passée en caisse et m'a demandé de soustraire deux paquets de pâtes sur les quatre de ses achats", explique la femme, interrogée par le quotidien. "A mon insu, alors que je surveillais les opérations depuis mon écran et les six caisses du poste, elle a rajouté un article qui n'a pas été scanné." Cette anomalie n'a pas échappé à la sécurité, qui a demandé des explications à la cliente, avant d'obtenir le paiement de la somme due.

La direction dénonce un "chariot de complaisance"

La semaine suivante, la quadragénaire est visée par une mise à pied conservatoire de onze jours, puis par un entretien préalable au licenciement. Mais la caissière sèche le rendez-vous : "J'étais bouleversée et mon médecin m'a mise en arrêt maladie." Le 28 juillet, elle apprend finalement son licenciement pour faute grave, par courrier. "Elle a le sentiment d’avoir été licenciée pour 0,85 euro", résume Habib Hamdoud, délégué syndical du personnel, interrogé par La Voix du Nord. La CGT a décidé de soutenir l'employée, qui est bien décidée à contester son licenciement. "Je suis prête à aller jusqu'aux prud'hommes."

La direction d'Auchan, elle, livre une version un peu différente. L'enseigne reproche à son ancienne employée d'avoir accordé une promotion indue à la cliente, en lui laissant quatre paquets de pâtes pour le prix de deux. "L’employée est délibérément intervenue sur son écran pour valider ce que l’on appelle un chariot de complaisance", accuse le chef de la sécurité, lui aussi contacté par La Voix du Nord. "A partir du moment où cette confiance est bannie, le contrat est rompu : c’est un principe intangible."