Le président de la SNCF va rencontrer Jean-Hugues Anglade après ses accusations

L'acteur, qui était à bord du Thalys Amsterdam-Paris attaqué vendredi 21 août, s'est confié à "Paris-Match". 

L\'acteur français Jean-Hugues Anglade, invité de l\'émission de Canal + \"Le Grand Journal\", à Cannes (Alpes-Maritimes), le 19 mai 2015. 
L'acteur français Jean-Hugues Anglade, invité de l'émission de Canal + "Le Grand Journal", à Cannes (Alpes-Maritimes), le 19 mai 2015.  (LOIC VENANCE / AFP)

L'acteur s'est blessé à la main en tirant le signal d'alarme. Jean-Hugues Anglade, passager du Thalys reliant Amsterdam à Paris qui a été attaqué vendredi 21 août par un homme armé, s'est confié au magazine Paris Match, samedi 22 août. Il accuse les employés de Thalys à bord de s'être enfermés dans la motrice, laissant les passagers livrés à eux-mêmes.

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Installé dans la dernière voiture avec sa compagne, ses deux enfants et "une quinzaine de passagers", il évoque le "sentiment terrifiant de se sentir autant impuissant". "L'homme armé venait vers nous, il était déterminé. J'ai pensé que c'était la fin, que nous allions mourir, qu'il allait tous nous tuer", a-t-il déclaré. "Oui, on s'est vu mourir car nous étions prisonniers de ce train, et qu'il était impossible de s'échapper de ce cauchemar. Nous étions piégés dans une souricière !"

"Nous étions au mauvais endroit, mais avec les bonnes personnes", conclut l'acteur, voulant remercier et "rendre hommage [au] courage héroïque" des deux soldats américains qui ont maîtrisé le suspect.  "Sans eux, nous serions tous morts."  

Il accuse les agents de s'être enfermés dans la motrice 

A Paris Match, l'acteur a affirmé avoir vu "des membres du personnel naviguant ont couru dans le couloir, le dos courbé. Leurs visages étaient blêmes. Ils se dirigeaient vers la motrice, leur wagon de travail. Ils l'ont ouvert avec une clef spéciale, puis se sont enfermés à l'intérieur..." A cet instant,  "le tireur était à quelque dizaines de mètres de nous." Il a alors brisé la vitre pour donner l'alerte et s'est entaillé la main avec le verre. 

"Collés les uns aux autres contre la porte métallique de la motrice. Nous tapions dessus, nous criions pour que le personnel nous laisse entrer, nous hurlions "ouvrez !" On voulait qu'ils réagissent ! En vain... Personne nous a répondu", s'indigne Jean-Hugues Anglade. "Cet abandon, cette détresse, cette solitude, c'était terrible et insupportable ! C'était, pour nous, inhumain." 

La directrice de Thalys répond aux accusations 

Pour la directrice de Thalys, Agnès Ogier, les agents ont agi avec professionnalisme. Samedi, elle a souligné que ces derniers ont alerté le conducteur, et que l'un d'eux s'est réfugié avec plusieurs passagers, répondant ainsi à l'acteur. Dans le règlement français, les agents doivent d'abord alerter, puis arrêter le train, a précisé la directrice de Thalys.

"Un agent a senti une balle le frôler. Il est parti, avec cinq ou six voyageurs, se réfugier dans le 'fourgon'", un espace en bout de rame, dans lequel peuvent être rangés des bagages, et qui s'ouvre avec une clé spéciale, a-t-elle expliqué, après s'être entretenue avec les agents concernés. Ce "train manager" [nom donné au personnel naviguant chez Thalys] "a tiré le signal d'alarme (...). Puis, lorsque le train s'est arrêté, il est sorti pour aller alerter la rame de tête et le conducteur", a-t-elle continué. Pendant ce temps, le second agent alertait également le conducteur, via le téléphone du train. 

"Le personnel est formé à des situation d'agressivité, mais absolument pas à une situation d'attentat. Ce sont des personnels qui sont avant tout au service des clients", a-t-elle enfin déclaré sur iTélé.

Le président de la SNCF va rencontrer l'acteur

Guillaume Pepy a annoncé samedi qu'il allait rencontrer Jean-Hugues Anglade dans les jours prochains. "J'ai proposé de rencontrer M. Anglade, qui a dit oui", a déclaré le patron de la compagnie ferroviaire : "Je comprends l'émotion, les témoignages, mais pour pouvoir conclure, il faut se donner le temps d'entendre tout le monde."