VIDEO. Attentat à Strasbourg : ce qu'il faut retenir de la conférence de presse du procureur

Profil du suspect, déroulé des faits, nombre de victimes... Le procureur de Paris, Rémy Heitz, en charge de l'enquête, a apporté de multiples précisions sur l'attenat et son auteur.

Le suspect de l'attentat qui a ensanglanté Strasbourg mardi 11 décembre au soir est toujours en fuite, mais il est activement recherché et l'enquête progresse. Au lendemain des faits, le procureur de Paris, Rémy Heitz, en charge du dossier, a tenu une conférence de presse, mercredi 12 décembre à la mi-journée.

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Le bilan est de trois morts

Le bilan de la fusillade est de deux morts. Une troisième personne est en état de mort cérébrale. Par ailleurs, on compte douze blessés, dont six en urgence absolue, selon le chef du parquet antiterroriste.

Le suspect a visé des passants, des soldats et des policiers

Le suspect a été vu avec une arme à feu peu avant 20 heures dans le centre de Strasbourg, au cœur du marché de Noël. Il a ouvert le feu à plusieurs reprises et a également attaqué des personnes avec un couteau. Il a tiré en direction d'une patrouille Sentinelle, qui a riposté et l'a blessé au bras.

Le tireur a quitté les lieux en taxi et a demandé au chauffeur de le conduire dans le quartier du Neudorf (et non du Neuhof comme l'a précisé à tort le procureur). Le chauffeur de taxi a témoigné l'avoir vu en possession d'une arme de poing et présentant des blessures. Le tireur lui a expliqué avoir tué "dix personnes", a proféré des propos justifiant les faits commis. En sortant du taxi, il a échangé des coups de feu avec des policiers. 

Des témoins ont entendu l'assaillant crier "Allah Akbar", la section antiterroriste saisie

Des témoins de l'attaque ont entendu l'assaillant crier "Allah Akbar" (Allah est grand, en arabe), selon le procureur de Paris, Rémy Heitz, lors d'une conférence de presse au tribunal de grande instance de Strasbourg. "Au regard du lieu ciblé, du mode opératoire employé par l'assaillant, de son profil et des témoignages recueillis auprès de ceux qui l'ont entendu crier 'Allah Akbar', la section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisi des faits", a expliqué le magistrat.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "assassinats, tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle"

Le suspect est un multirécidiviste radicalisé et surveillé

Le tireur présumé, Chérif C., est né le 24 février 1989 à Strasbourg. Il est est "très connu des services de police et de justice", selon le procureur, principalement pour des faits de vols et de violences. Il compte 27 condamnations pour des faits de droit commun commis en France majoritairement, en Allemagne et en Suisse. Il était surveillé pour radicalisation islamiste en détention et a fait l'objet d'un suivi par les services de la DGSI. 

"Quatre proches" de l'attaquant sont en garde à vue

"Quatre proches" de Chérif C. (des membres de sa famille) "ont été placés en garde à vue cette nuit". "Ces gardes à vue sont toujours en cours", a précisé le magistrat. "Plusieurs perquisitions" ont également été menées "cette nuit dans des lieux que celui-ci est susceptible de fréquenter", a ajouté le magistrat. Lors d'une perquisition au domicile du suspect, mardi matin, une grenade a été saisie, ainsi qu'une carabine et deux couteaux de chasse.

Le procureur de Paris, Rémy Heitz, le 12 décembre 2018, lors d\'une conférence de presse sur l\'attaque à Strasbourg, depuis le tribunal de grande instance de Strasbourg.
Le procureur de Paris, Rémy Heitz, le 12 décembre 2018, lors d'une conférence de presse sur l'attaque à Strasbourg, depuis le tribunal de grande instance de Strasbourg. (PATRICK HERTZOG / AFP)