Hommage à Samuel Paty dans l'Education nationale : "Réaffirmer les valeurs républicaines" ne suffit pas, il faut "ouvrir le dialogue avec les élèves"

Sophie Mazet, professeure d'anglais dans un lycée de Seine-Saint-Denis, a réagi sur franceinfo à l'hommage qui aura lieu à la rentrée pour l'enseignant tué à Conflans-Sainte-Honorine. 

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Une banderole en hommage à Samuel Paty a été déployée à Montpellier.  (PASCAL GUYOT / AFP)

L'hommage à Samuel Paty prévu dans l'Education nationale lundi 2 novembre et détaillé dimanche 25 octobre par Jean-Michel Blanquer, n'est pas suffisamment "dans le dialogue" a affirmé Sophie Mazet, professeure d'anglais dans un lycée de Seine-Saint-Denis, sur franceinfo lundi 26 octobre. Le gouvernement prévoit un programme en trois temps dans tous les établissements scolaires à la rentrée. La journée débutera par une réunion avec le corps enseignant puis par un échange pédagogique avec les élèves. Enfin une minute de silence sera observée, suivie de la lecture de la Lettre aux instituteurs et institutrices de Jean Jaurès.

"Réaffirmer les valeurs républicaines" n'est pas suffisant

Pour Sophie Mazet, il ne suffit pas de "réaffirmer les valeurs républicaines" selon les préconisations du gouvernement, "il faudrait déjà utiliser ce temps pour ouvrir le dialogue avec les élèves, pour les écouter et discuter avec eux. Réaffirmer des valeurs dans l'absolu, cela peut sonner un peu creux", regrette-t-elle. Cette enseignante s'inquiète aussi pour la minute de silence dans la cour avec l'ensemble des élèves : "Je doute très fortement qu'on ait l'attention de tous élèves. Ce n'est pas pour les blâmer, mais par exemple dans mon lycée il y a 1 000 élèves, donc je doute assez fortement de l'impact de ce symbole".

Pour cette professeure d'anglais, c'est le rôle de tous les enseignants d'engager un dialogue avec les élèves sur ces questions de laïcité, pas uniquement le professeur chargé de l'éducation civique : "On ne fait pas que du disciplinaire dans notre classe. On est avant tout là pour écouter les élèves", estime Sophie Mazet. Pour autant elle regrette le manque de formation : "On est plus ou moins bien formés à ces sujets. Je pense par exemple au fait qu'on ait massivement recours à des contractuels de nos jours dans l'Education nationale. Ils n'ont malheureusement pas forcément eu cette formation, et donc ils ne sont pas forcément outillés pour parler aux élèves". 

Sophie Mazet admet que ce contexte bien particulier est très difficile pour les enseignants, et elle-même redoute la rentrée : "Je ne suis pas prête du tout. Cela fait douze ans que j'enseigne et je ne suis pas prête. Je ne sais pas vraiment comment on peut être prêt pour ça", conclut-elle.

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