"Cadrage" pour la rentrée du 2 novembre : "C'est une ignorance de ce qu'est le métier d'enseignant", dénonce le SNES-FSU

Il faut "laisser les enseignants exercer leur liberté pédagogique, comme le faisait Samuel Paty", estime sur franceinfo Frédérique Rolet, après l'annonce de l'hommage au professeur d'histoire-géographie prévu dans l'Education nationale le 2 novembre.

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Le ministre de l'Education nationale, de la jeunesse et des sports, Jean-Michel Blanquer, s'exprime lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris, le 20 octobre 2020. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Le "cadrage" du ministère de l'Education nationale en vue de la rentrée du 2 novembre montre "une ignorance de ce qu'est le métier d'enseignant", dénonce dimanche 25 octobre sur franceinfo Frédérique Rolet, secrétaire générale du SNES-FSU, syndicat des enseignants du second degré. Jean-Michel Blanquer a détaillé dans le Journal du dimanche le temps qui sera dédié à l'assassinat de Samuel Paty, en ce jour de rentrée des classes. "Laissez-nous faire notre métier", dit Frédérique Rolet, qui dit avoir reçu de nombreux messages de professeurs "traumatisés" depuis l'attentat.

"Le ministre précise fortement le dispositif", alors que les syndicats avaient "demandé au ministre un cadrage sur les objectifs (…) Il faut donner des outils mais laisser les enseignants choisir les supports pédagogiques les plus pertinents par rapport à leurs élèves, les laisser exercer leur liberté pédagogique, comme le faisait Samuel Paty", estime Frédérique Rolet. Cette remarque concerne essentiellement le temps pédagogique d'échange en classes dans lequel les valeurs de la République devront être réaffirmées. Les professeurs "attendent de voir ce que vont dire aussi les élèves. Si certains posent des questions, il faudra effectivement en parler avec eux mais pas forcément en leur assénant une leçon sur les valeurs de la République ou la laïcité, ce qui est un travail de longue haleine que l'on doit faire tout au cours de l'année dans toutes les disciplines."

Un temps banalisé pour les équipes

Les professeurs avaient également réclamé "un temps banalisé qui permette aux équipes de se retrouver, de partager leurs émotions et de voir comment ils allaient aborder le retour en classe des élèves en tenant compte des âges différents des enfants". Ils l'ont obtenu, annonce Jean-Michel Blanquer dans le JDD, "ce qui décalera un peu l'horaire de rentrée des élèves". Le syndicat SNES-FSU craint en revanche que cela ne s'adresse qu'aux personnels enseignants et administratifs, et non "aux assistants d'éducation qui pourraient être amenés à réagir a des attitudes d'élèves qui sont contraires aux principe de la laïcité, au personnel de cantine, aux psychologues et infirmières."

Frédérique Rolet salue enfin le choix du texte qui accompagnera la minute de silence prévue en ce jour de rentrée : la Lettre aux instituteurs et institutrices de Jean Jaurès. "Ce texte me convient, c'est une sorte d'hommage au métier d'enseignants qui est d'éveiller les consciences par le travail sur les savoirs, de faire de futurs citoyens qui puissent exercer leur libre arbitre", dit-elle.

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