Assassinat de Samuel Paty : une enquête ouverte après des menaces visant un professeur de Trappes

La préfecture des Yvelines réalise des "patrouilles dynamiques préventives" aux abords du lycée où exerce cet enseignant en philosophie.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Capture de Google Maps pointant la ville de Trappes (Yvelines) où Didier Lemaire, un professeur de philosophie, a été placé sous protection policière après avoir défendu la liberté d'expression à la suite de l'assassinat de Samuel Paty. (GOOGLE MAPS)

Les investigations ont été confiées à la PJ de Versailles depuis le 26 janvier. Une enquête a été ouverte pour "menaces sur personne chargée de mission de service public" après qu'un professeur de philosophie d'un lycée de Trappes (Yvelines) a reçu des menaces à la suite de plusieurs interventions médiatiques sur l'assassinat de Samuel Paty. "On nous a signalé des inquiétudes vis-à-vis du professeur à l'encontre duquel des menaces auraient été proférées", a indiqué à l'AFP, lundi 8 février, le parquet de Versailles, précisant que "les faits ont été portés à notre connaissance par un tiers".

"Des patrouilles dynamiques" aux abords du lycée

Des policiers ont pour consigne "de faire des patrouilles dynamiques" aux abords du lycée où il enseigne, ainsi que devant son domicile, selon la préfecture des Yvelines. "Je n'ai pas peur", assure Didier Lemaire, lundi, au micro de Sud Radio.  "Aujourd'hui, je suis accompagné au lycée par des policiers armés qui suivent mon véhicule", poursuit l'enseignant auprès de BFMTV. Des propos qu'il faut toutefois tempérer : il n'a pas été placé sous protection policière après avoir été la cible de menaces, comme indiqué dans un premier temps.

Didier Lemaire avait notamment publié, en novembre 2020, une lettre ouverte dans L'Obs intitulée "Comment pallier l'absence de stratégie de l'Etat pour vaincre l'islamisme ?" "Professeur de philosophie à Trappes depuis vingt ans, j'ai été témoin de la progression d'une emprise communautaire toujours plus forte sur les consciences et sur les corps", y écrivait-il. A ce moment-là, il n'y avait pas de risque identifié sur sa personne, mais selon nos informations, le préfet des Yvelines avait donné des consignes de surveillance préventives, en raison du contexte lié à l'assassinat de Samuel Paty.

En janvier, cette mesure allait être levée, en accord avec le professeur. C'était sans compter le reportage d'une journaliste néerlandaise, dans lequel deux personnes se montrent virulentes à son égard et le menacent de "finir comme Samuel Paty". La préfecture a donc fait le choix de réactiver la consigne de "patrouille dynamique". L'enquête a notamment pour objectif d'identifier ces individus. D'après nos informations, aucune autre menace n'a été identifée contre lui sur les réseaux sociaux.

"La situation a été prise très au sérieux"

"La situation a été prise très au sérieux", a réagi l'Académie de Versailles samedi. Lundi, dans un nouveau communiqué, elle a indiqué que la direction des ressources humaines et le directeur académique ont reçu Didier Lemaire. L'Education nationale assure mettre en place "les conditions permettant son maintien dans l'établissement". "Au retour des vacances, des élèves m'ont demandé pourquoi j'avais écrit un texte contre eux. Je leur ai dit que j'avais écrit un texte pour eux. Mais je souhaitais garder mon espace de liberté pédagogique et n'ai pas envie de donner de suites à des explications de texte", a déclaré le professeur, lundi matin, sur Sud Radio.

De son côté, Ali Rabeh, le maire de Trappes, a répondu aux accusations de Didier Lemaire portées dans un article du Point"Je n'ai donc 'colporté des accusations' infondées à l'encontre de ce professeur, bien au contraire", insiste Ali Rabeh, qui affirme s'être soucié de la sécurité du professeur : "J'ai moi-même immédiatement sollicité la préfecture des Yvelines lorsque j'ai été informé par une journaliste néerlandaise de propos menaçants à son égard, pour m'assurer de la mise en place d'un dispositif de protection policière."

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.