Bonbonnes de gaz retrouvées à Paris : ce qu'il faut retenir de la conférence de presse de François Molins

Franceinfo récapitule les principales informations révélées par le procureur de la République de Paris après la découverte de bonbonnes dans une voiture dans le 5e arrondissement de Paris et les interpellation liées à cette enquête à Boussy-Saint-Antoine (Essonne).

François Molins, le 9 septembre 2016 à Paris. 
François Molins, le 9 septembre 2016 à Paris.  (BERTRAND GUAY / AFP)

Un attentat a bien été évité de justesse dans la nuit du samedi au dimanche 4 septembre dans Paris, a confirmé François Molins dans une conférence de presse tenue, vendredi 9 septembre. Une voiture contenant des bonbonnes de gaz et des bidons d'essence avait été découverte à l'angle des rues de la Bûcherie et du Petit-Pont, dans le 5e arrondissement. "Un groupe a été annihilé, mais il y en a d'autres", a-t-il ajouté.

Franceinfo récapitule les principales informations révélées par le procureur de la République.

Un attentat a bien été déjoué

Le procureur de la République parle d'un "commando terroriste" pour désigner les trois jeunes femmes qui avait pour objectif de "commettre un attentat". François Molins a également détaillé le dispositif découvert dans la 607 Peugeot. Outre trois les bonbonnes de gaz, "trois bouteilles supportant des traces de gasoil, ainsi qu'une cigarette à peine consumée à proximité d'une couverture supportant des traces d'hydrocarbure" ont été retrouvées. Il n'y avait pas de dispositif de mise à feu, mais l'incendie, s'il avait pris, "aurait suffi à entraîner à lui seul la destruction de l'ensemble du véhicule", a observé le procureur.

Une tentative "téléguidée" depuis la Syrie

Le procureur a partiellement détaillé le profil des trois jeunes femmes interpellées dans la soirée du 8 septembre. Selon les premiers éléments de l'enquête et les premiers interrogatoires, elles apparaissent comme étant "totalement réceptives à l'idéologie mortifère de Daech".

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Selon François Molins, ce commando a été "téléguidé" par des jihadistes du groupe Etat islamique depuis la Syrie. "Ce qui démontre que l'organisation terroriste entend faire des femmes des combattantes."

Des connexions avec les attaques de St-Etienne-du-Rouvray et Magnanville

Des connexions ont été établies entre le "commando" de femmes et les précédentes attaques jihadistes de Magnanville (Yvelines), en juin, et Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), en juillet. Sarah H., 23 ans, "connue des services spécialisés comme étant particulièrement liée à la mouvance jihadiste", était l'"ancienne promise de Larossi Abballa, auteur de l'attentat de Magnanville, et d'Adel Kermiche, auteur de l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray", a expliqué François Molins. En outre, Mohamed Lamine A., 22 ans, interpellé jeudi soir aux Mureaux (Yvelines), "connu des services comme un individu particulièrement radicalisé", est le "frère d'un mis en examen écroué" dans le dossier de Magnanville.

La police détient sept personnes 

Les enquêteurs détiennent toujours sept personnes, dont les cinq femmes soupçonnées d'appartenir au commando. Trois d'entre elles, Inès M., Sara H. et Amel S, âgées de 19, 23 et 39 ans, ont été arrêtées jeudi à Boussy-Saint-Antoine (Essonne) à la suite de renseignements de la Direction générale de la sécurité intérieure, informée de l'imminence d'un attentat imminent. Vendredi, à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), la fille d'Amel S., 15 ans, "susceptible d'être impliquée" dans le projet d'attentat déjoué, a été arrêtée à son tour. Une autre femme, Ornella G., 29 ans, et son mari ont été arrêtés mardi. Elle devrait être présentée samedi à un juge antiterroriste.

Le compagnon de Sarah H. a lui aussi été arrêté jeudi soir aux Mureaux (Yvelines). Il est connu des services de renseignement pour islamisme radical et est le frère d'un homme incarcéré pour ses liens avec Abballa, l'auteur de l'attentat Magnaville (Yvelines).