Attentat à la basilique Notre-Dame à Nice : qui était Vincent Loquès, ce sacristain aimé de tous assassiné par un terroriste ?

Les fidèles de la paroisse pleurent un homme dévoué à sa fonction qui se distinguait par sa joie de vivre et l'amour de son prochain.

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France Télévisions
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Des fleurs et des bougies déposées le 30 octobre 2020 devant la basilique Notre-Dame à Nice, au lendemain de l'assassinat du sacristain Vincent Loquès, et de deux fidèles. (MAXPPP)

Il aurait dû fêter son 55e anniversaire ce vendredi, mais le terroriste ne lui en a pas laissé le temps. La mort atroce de Vincent Loquès, égorgé jeudi 29 octobre en même temps que deux autres personnes à la basilique Notre-Dame de l'Assomption, à Nice, laisse un grand vide au sein de la paroisse dont il était le sacristain.

"Tous les matins, je le voyais ouvrir les portes, et maintenant je sais que je ne pourrai plus le voir et papoter avec lui", pleure une fidèle interrogée par France 2 au lendemain du drame. Dès l'annonce de l'attentat, jeudi, des paroissiens étaient venus se recueillir devant l'édifice. Parmi eux, une jeune femme en larmes, inconsolable : "On vient d'apprendre à la télévision que notre sacristain a été assassiné. C'est un choc. Je le vois toujours en train de marcher, allumer les bougies…"

Recruté par le curé de l'époque, le père Jean-Louis Giordan, Vincent Loquès occupait la fonction de sacristain dans la basilique depuis 2013. Cet employé laïc (qu'on appelle aussi parfois bedeau), rémunéré, fait office d'homme à tout faire dans une église : petits travaux de maintenance, ornements, préparation matérielle des messes (hosties, musique, etc.).

"Il aimait l'église où il travaillait. Il essayait de l'embellir en permanence. Là, il était en pleins préparatifs de la Toussaint et s’apprêtait à réaliser, comme chaque année, une crèche magnifique."

Le père Jean-Louis Giordan

à "Nice-Matin"

Originaire de Saint-Etienne-de-Tinée (Alpes-Maritimes), un petit village du Mercantour, près de la frontière italienne, il avait d'abord travaillé dans la maçonnerie, précise Le Parisien, avant de devenir sacristain à Nice, dans un premier temps à l'église Sainte-Jeanne-d'Arc, puis à Notre-Dame.

"Il avait bon cœur"

Les témoignages de ceux qui l'ont côtoyé dépeignent Vincent Loquès comme un homme simple et bon vivant, sans cesse prêt à aider son prochain. "Je le connaissais depuis 15 ans, je suis sans voix, vraiment attristé. Tous les matins, je prenais mon café avec lui, il était toujours souriant, toujours dans la joie. Il m'apprenait plein de choses, il prônait la paix, aidait toujours les SDF, ça fait vraiment mal au cœur", raconte un voisin de la basilique à France 3 Côte d'Azur. "Je l'ai encore vu hier, comme tous les jours il aidait. Il donnait à manger aux réfugiés, il avait bon cœur", ajoute une fidèle.

Sur son profil Facebook, le sacristain avait mis comme image de profil une photo de lui, tout sourire, devant la basilique Notre-Dame, accompagné de R2-D2, le célèbre robot de la saga Star Wars. "C'était il y a quelques années, à l'issue d'un concert donné par l'orchestre de Monaco sur le thème des musiques de films, se souvient le père Jean-Louis Giordan auprès du Parisien. Vincent était comme ça : gai, généreux, fiable, avec un caractère fort."

Capture d'écran de la page Facebook de Vincent Loquès, le sacristain de l'église Notre-Dame de l'Assomption assassiné à Nice le 29 octobre 2020. (DR)

Divorcé et père de deux filles de 21 et 25 ans, Vincent Loquès prenait son métier très au sérieux. "Cette église, c'était son salon. Il était toujours là. Même les jours de tempête ou de grêle, quand il n'y avait personne", témoigne une paroissienne citée par Le Monde. "On poussait les portes, il était là, assis dans un coin, en silence." C'est en ces lieux qu'il connaissait par cœur, par une triste journée d'octobre, que la vie lui a été brutalement ôtée.

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